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C'est dans l'air...

Vendredi 10 octobre 2014 5 10 /10 /Oct /2014 11:00

Dans l’édition spéciale régionale, un titre à la Marianne : "Vignobles, les secrets d’un fabuleux business."

Ce mot, business, négatif d’entrée de jeu, circulez, parlons de ce qui ne marche pas, des rubriques sur l’argent-roi, les chinois, du rififi à Saint Emilion… ça ne vous rappelle rien ?


Bon, encore des photos dramatiques, des collègues producteurs en train de poser devant des tas de ceps morts installés près des vignes, un cimetière de ceps morts à ciel ouvert, sûr c’est fort comme message bio  et c’est bien pour l’écologie des vignes voisines et la transmission des maladies du bois !


Me concernant, une affirmation interrogative (si, si) : je serais heureux du malheur de mes voisins des Côtes de Castillon car je pourrais en profiter pour tout acheter ! Rien que ça … Et je pensais la paranoïa réservée aux riches. Madame Florence Cardoso ne m’aime pas et elle sait ce je veux faire (mal).


Je me serais également autoproclamé « mouton noir », on aurait pu rajouter  autoproclamé Bad Boy et garagiste ! Pour mémoire, voici un extrait d’un commentaire de Robert Parker : «…. A terrific effort from bad boy and leading garagiste, Jean-Luc Thunevin, and his sidekick, Murielle Andraud ….» et le titre d’ un article du Wine Spectator : “Bordeaux’s Black Sheep : 20 years after launching the garagiste movement, Jean Luc Thunevin is still pushing the envelope”

Ce qui n’empêche pas , il est vrai, que je m’amuse de ces qualificatifs que je trouve plein d’empathie, que j’en joue commercialement et que cela marche bien pour revaloriser des vins qui seraient plus difficiles à vendre, un péché sans doute.


Dans ce portrait, je n’aurais jamais contesté le moindre arpent de l’ordre viticole, preuve que le travail d’investigation s’est focalisé sur mes prises de position actuelles, favorables au classement car, à la posture d’opposant (ref. Interdit de Valandraud) permanent, je préfère désormais une intégration paisible dans un milieu qui m’a beaucoup donné; sans doute que je passe, comme c’est l’usage, d’une jeunesse révoltée à une vieillesse bourgeoise, comme beaucoup de soixante-huitards.

Par Jean Luc Thunevin - Publié dans : C'est dans l'air...
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Mercredi 8 octobre 2014 3 08 /10 /Oct /2014 11:15

Durant les vendanges, source de travail et de stress s’il en est, nos collègues négociants, importateurs, courtiers en profitent pour nous « visiter ». L’énergie ressentie du travail des autres est sans doute belle à partager…pour eux !

Donc semaine très chargée en travail : les vendanges sont à ce jour presque terminées à Pomerol et dans la plaine   (Clos Badon, etc..), pour ce qui est de Valandraud, seulement les Malbecs vendangés, soit moins de 10 %. Chaque jour qui passe affine les tanins et épuise nos énergies.


Hier mardi,  à midi,  couscous marocain habituel,  pour un groupe constitué de Hong Kongais, la propriétaire de La Marzelle et mes assureurs, avec Virginie de Valandraud blanc 2012, Clos du Beau Père 2011, Valandraud 2011 et 2009, notre Bad Boy Gold 2004, suivi de notre Fine Bordeaux hors d’âge. Ambiance de fête pour ce groupe amateur et client de nos vins.

Ensuite, à peine sorti de table, l’un de nos distributeurs de New York, suivi plus tard par un ami négociant bordelais accompagné d’un grand importateur japonais.

Aujourd’hui, des sommeliers coréens à midi et demain, des banquiers (si, si)


Voici le lien pour lire l’article tiré s’un commentaire de Jean Marc Quarin sur la dégustation des baies de raisins, que l’on aurait pu mettre à côté de celle d’Olivier Pousson sur la dégustation des grains de carignans ; et ensuite de visionner les archives de TF1, France 3 etc… pour voir les films me montrant dans les années 2000 en train d’arpenter nos vignes avec Murielle pour goûter nos raisins en mâchant  bien nos raisins, pour choisir au mieux nos dates de vendanges, à la recherche de ce goût de noisette du pépin mûr...

Par Jean Luc Thunevin - Publié dans : C'est dans l'air...
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Jeudi 2 octobre 2014 4 02 /10 /Oct /2014 15:53

Avec un peu de recul (et plusieurs visionnages du film), la lecture des blogs, des articles journalistiques et les conversations ici avec mes collègues professionnels et amis amateurs,  c’est à mon tour de réagir et de commenter ce film dont je suis l’un des protagonistes, même si j’ai mis un peu de temps à le faire.


Tout d’abord, une petite clarification chronologique :  3 amis me parlent,  il y a presque 2 ans,  d’un film à venir sur le monde du vin et de celle qui va me contacter : Isabelle Saporta.  

Ces amis sont engagés, c’est le moins que l’on puisse dire, dans des combats qui ne sont pas les miens, et je peux même rajouter que je ne suis pas du tout d’accord avec leurs thèses;  anti Hubert de Boüard pour l’un, anti Moueix pour l’autre et le troisième nettement pour le bio dans le vignoble -  et là, j’adhère à 80 %, tant cela me concerne,  car il n’est pas sectaire mais bienveillant.

Il faut rajouter au mix quelques amis très proches et totalement opposés au classement de 2012 et donc, y compris  par ricochet, opposés au classement de Valandraud,  tout en étant contents du classement de Valandraud… Va comprendre les méandres des côteries bordelaises.


Ce film a été tourné tout au long d’ une année pour ce qui nous concerne, Murielle, moi, mes collaborateurs et consultants, Valandraud :   peut être plus de 30  heures de tournage, je n’ai pas noté,  mais tout cela pour dire qu’il s’est tissé des relations de confiance et amicales avec Isabelle Saporta et ceux qui travaillaient avec elle pour le son et l’image.

J’étais totalement averti des sujets traités, et des convictions d’Isabelle Saporta,  sur les sujets principaux pour elle : pesticides et traitements, argent, classement, organismes de contrôle, œnologues consultants, etc… Ces sujets, contrairement à ce que j’ai pu lire ici ou là, sont rarement abordés dans un film diffusé sur une chaine nationale en prime time ! Bien sûr, sujets « dangereux », « sensibles », et alors ?


Alors, la question est « doit-on être l’un des acteurs (bénévoles) du film ? ». Partant du constat que l’on en parle en bien, que l’on en parle en mal, le principal étant que l’on en parle, j’étais d’accord même après avoir cherché sur internet qui était cette Isabelle Saporta avec son livre sur l’agriculture et les pesticides, son travail pour Marianne, Périco Légasse et Jean Pierre Coffe !


Donc, plein d’heures de tournage chez nous, dans les chais, le vignoble, le laboratoire Rolland, à Monaco, à Soutard durant l’UGC, à Paris au théâtre des Champs Elysées avec Lang Lang, avec des journalistes et critiques comme James Suckling et Jean Marc Quarin, avec les personnes présentes à notre évènement primeur à la maison, etc…

Avec toutes ces heures de tournage, Isabelle Saporta  aurait pu faire un beau film de promotion, positif pour Valandraud. Hélas, ce n’était pas un publi - reportage,  je n’étais pas le donneur d’ordre. Je n’ai pas pu, ni voulu,  demander de droit de regard, de rétractation malgré les sujets difficiles que j’avais accepté, dans l’ordre : les traitements, les assemblages primeurs, la vendange difficile du millésime 2013 et le prix des terres.

J’aurais bien aimé parler des papillons et des libellules, des bons vins bios ou conventionnels, des vins chers et moins chers, des viticulteurs des appellations moins bling bling, de mes amis en train de ne pas savoir comment faire leurs fins de mois. J’aurais bien aimé pouvoir être enregistré  en train de défendre,  comme s’ils en avaient besoin, les Moueix, Hubert de Boüard, l’INAO et le classement de Saint Emilion.


Ce film a été fait par et pour exprimer les convictions d’Isabelle Saporta, ce n’est pas plus compliqué que cela, et ça s’appelle un film engagé.


Alors, bien sûr, en regardant le film, pour ce qui me concerne très directement- les images faites sur nous- ce fût dur de voir ma tête désespérée, fatiguée, usée,  à la fin de ces vendanges ;  dur de ne pas entendre ce petit texte que je répète inlassablement à propos des pesticides : « la molécule dangereuse dans le vin,  c’est l’alcool, point barre ! »

Le risque de l’utilisation des pesticides, des produits chimiques, il est pour ceux qui travaillent dans les vignes et dans les chais, au même titre d’ailleurs que d’autres professions qui ont des  conditions de travail  particulières, toutes précautions étant prises pour éviter les accidents.


J’aurais aimé voir filmer un repas avec mes amis chez moi, le plaisir partagé de boire de bons vins, les nôtres et ceux de nos collègues, à manger des produits frais et bons, cuisinés par Murielle.

J’aurais aimé un montage du film plus favorable à mes amis, à Bordeaux, à tous les Bordeaux.

Mais je n’étais pas le commanditaire de ce film, ni le réalisateur,  alors voilà.… ce film existe, je ne suis pas d’accord avec tout,  mais il y a quand même des points sur lesquels  je suis  d’accord.

J’aurais aimé donner mon avis sur le pigeage, que nous avons remis à la mode à Bordeaux ; donner mon avis sur la Chine, sur le classement que je trouve bon à 90 %, y compris pour Pavie et Angélus.


Il faudrait un autre film, trouver d’autres sensibilités pour  faire un film plus romantique, plus positif. Je crois que le Conseil de Promotion du Tourisme, en plein chantier, devrait y travailler !

Je pourrais, nous pourrions, demander à Isabelle  Saporta de faire un film complémentaire avec tous les rushes en sa possession, comme l’a fait Nossiter avec la version DVD (que j’ai acheté ) de Mondovino  et ses 10 épisodes de 55  minutes.

Par Jean Luc Thunevin - Publié dans : C'est dans l'air...
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