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30 septembre 2010 4 30 /09 /septembre /2010 18:08

Je lis souvent des propos inquiets sur la mondialisation du vin, le formatage du goût des vins à cause de l’action supposée ou réelle des notes de Robert Parker et celle des conseils de Michel Rolland.

Eh bé, c’est  drôlement rétrécir le monde du vin et faire fi des avis des autres critiques dont certains sont assez proches du goût supposé Parker, mais d’autres très éloignés.

Toutes les tentatives pour prouver la différence d’un tel goût, et je pense plus particulièrement au Grand Jury Européen de François Mauss, n’ont pas tellement réussi ( à ma connaissance) à prouver  que les vins de Pavie, Angelus, Pape Clément, voire Valandraud étaient si différents des goûts supposés européens par rapport à celui  avéré de cet Américain si présent qu’est Parker !

Jancis Robinson garde son propre jugement anglais, Bettane reste français même s’il prend de l’importance (enfin !) dans le monde asiatique, Quarin a toujours ses fans en Suisse, en France et même aux USA, le Wine Spectator a encore une vision très différente et je ne parle pas de Decanter et de tous, tous les autres. Qu’ils aient tous moins d’influence que Parker qui monopolise le pouvoir, c’est un fait, mais que les critiques ne soient pas influents dans le monde des créateurs de vins ? Je ne peux témoigner que pour moi, mais je n’ai jamais caché toute l’influence que Michel Bettane a eu sur notre vin, la joie que j’ai eu quand Quarin ou Clive Coates avaient vu avant beaucoup de monde la classe de Valandraud 1998 grâce à son gros pourcentage de cabernet franc,  etc…

Toujours en ce qui me concerne, avec exemple précis,  Parker et Bettane ainsi que René Gabriel avaient mis une très grosse note à l’époque pour Valandraud 1995.

Plus de 12  ans après, dans le remake du jugement de Paris organisé par le Grand Jury Européen, 2 vins américains sont arrivés devant Valandraud  qui est ainsi arrivé premier des Bordeaux avec sa 3ème place, allègrement devant toutes les stars, y compris les 1ers crus que sont les Margaux, Latour, Haut Brion, Mouton Rothschild, Lafite Rothschild, Ausone, Cheval Blanc et même Pétrus.

Cela ne veut pas dire que Valandraud est le meilleur.

La preuve : les classements 

La preuve : les prix du marché des vins de mes célèbres collègues.

Mais cela prouve en tout cas que Parker ou d’autre critiques ne goûtent pas si mal et que pour autant ils n’ont pas la responsabilité de ce supposé goût mondialisé américain.  Voir Parker et Rolland, responsables de ce fantasme, me fait penser que ceux qui distillent ces propos sont à côté de la plaque. Juste des propos de comptoir, pour parler, dire, et faire peur, comme certains ayatollahs du bio avec leur mine triste, le cheveu rare et le spleen de leur caractère, sans compter souvent une maigreur qui peut faire peur, tant il est vrai que moi, je vois le bio avec des gens heureux, souriants, en pleine santé, la preuve par la façon d’être que c’est la bonne voie.

A quoi ça sert d’être bio si c’est pour aller dans des magasins tristes où les gens qui font leurs courses ont l’air malade ?

Vive la lumière, vive les enfants qui  courent et qui rient, vive un peu trop de gourmandise de la vie.

 

C’était une grosse digression…revenons à nos moutons : la mondialisation Parker-Rolland.


Parker aime Haut Brion, il aime Lafite Rothschild, il aime les vins de Guigual, de Chapoutier (en bio, non ?), il aime Valandraud et il aime Rayas ! Bizarre non… de vouloir cataloguer un goût ?

De toute façon, quand on veut tuer son chien, on dit qu’il a la rage (dicton français)

A propos de Rolland, c’est peut être pire, si c’est possible.

D’abord, tous les vins se ressemblent quand c’est signé Rolland, c’est un vin mondialisé,e t puis c’est tout.

Ah bon. Allez regarder sur wikipedia le nom de ses clients et vous serez surpris ! Je ne sais pas si la liste est correcte mais je prends juste un exemple : est ce que Troplong Mondot ressemble à  son voisin Pavie ? Est-ce que Lascombes ressemble à Léoville Poyferré ? Est-ce que Le Pin ressemble à Le Gay ?

Qui peut dire, écrire, sans être d’une parfaite mauvaise foi, que Rolland = tous les vins se ressemblent ?

Ah oui, j’oubliais, est ce Valandraud ressemble à Larmande ?

 

Est-ce que quelqu’un de sérieux a au moins goûté une fois à l’aveugle les vins des propriétés de Michel Rolland dans le monde ?

Bon, bien sûr, tous ces vins ne sont pas mauvais, et c’est peut être ça qui passe pour un goût Parker-Rolland mondialisé ? Il faudrait du végétal, de l’acide, du rapeux pour nous rappeler le bon temps ?

 Ce vaste a priori pourrait faire l’objet d’une belle thèse, Pierre-Marie Chauvin si tu me lis…

 

Rien à voir - car nos blancs ne plaisent pas à Parker,  mais heureusement à Neal Martin- et voilà quelques photos des vendanges de Valandraud blanc 2010 pour Patrick Essa :

 

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P10305792

P1030459

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Published by Jean Luc Thunevin - dans C'est dans l'air...
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commentaires

Patrick Essa 01/10/2010 15:29



Merci pour les photos Jean-Luc, il semble que les rasins une fois triés - ceux pourris ont été laissés sur pieds?-  soient justes mûrs et l'on s'achemine vers une belle année pour votre
secteur. Si tu as un moment donne moi les caractéristiques anlytiques des moûts et les temps de pressurage, cela m'intéresse!



Michel Bettane 01/10/2010 09:58



Je rédige à nouveau ce court post pour te dire à quel point j'ai trouvé juste ton texte de défense des vins vinifiés en échange d'idées avec Michel Rolland. Une vision conforme aux produits et à
l'opposé du déchaînement des idiots à son encontre. Et pour les spécialistes du genre, inféodés à la critique anglaise et américaine, ils se reconnaîtront, je ne fais pas ici du lèche botte....


 


Michel