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21 juin 2010 1 21 /06 /juin /2010 13:04

Avec ce titre à la « Marianne » : Bordeaux : le banco des flambeurs – le critique français Bernard Burtschy, l’un des meilleurs dégustateurs mondiaux, tape fort.

C’est vrai que vu d’ici, en France, ces prix des Bordeaux 2009  sont difficiles à comprendre et même nous, propriétaires négociants sommes un peu, beaucoup surpris par la force de ce marché qui avale tous ces crus chers et bien notés par le Wine Spectator, le Wine Advocate, Decanter, Bettane et Desseauve, René Gabriel, Quarin et même Bernard Burtschy !

 

Il (Bernard) défend les vins vendus pas trop cher par rapport à leur qualité et il cite (c’est toujours ça de pris ) Virginie de Valandraud que j’ai proposé au même prix qu’en 2005  quand même.

Faudrait il commenter la conclusion de Bernard Burtschy : existe-t-il des justifications de telles hausses ?

Aucune.

Poser les questions et y répondre, ça mériterait sans doute un peu plus de développement. Dire qu’en France, on n’a plus les moyens de suivre, pourquoi pas … Mais penser  que ces vins, symbole du luxe, de qualité, de réussite sociale pour celui qui l’achète et le boit, devraient se vendre en fonction de nos moyens franco-français est illusoire, et si le marché chinois est semble-t-il considéré comme le moteur des augmentations de ces grandes marques, je vois bien chez moi que ce sont t les américains qui achètent le plus et que, quand l’Inde viendra elle aussi sur ce marché des grands vins, ces 30/40/voire 100 crus bordelais renommés ne seront plus à la portée de nos clients passés, considérés comme traditionnels. Comme si l’on avait oublié qu’avant les années « Foire aux Vins », il n’y avait que les  industriels, notaires, notables qui pouvaient se permettre de boire ces grands crus.

Il faut dire  et redire que le marché des vins de Bordeaux en primeur est hautement spéculatif et qu’à côté de ces 100 marques chères à Bordeaux, il y a une quantité incroyable de vins très abordables  et de grande, très grande, qualité.

Rien que dans mon entreprise, nous avons encore à vendre à moins de  25/30 euros, plus de 50 crus  Lynsolence, Lalande Borie, Haut Mazeris, Haut Bergey, Franc Mayne, Franc Maillet Cuvée Jean Baptiste, Fombrauge, Fiefs de Lagrange, Faizeau, Clos Romanile ( et pourtant moins de 900 bouteilles de production), Clos Margalaine… Et de mon côté : Clos Badon Thunevin, Bel Air Ouÿ, Clos du Beau Père, Domaine des Sabines, Bellevue de Tayac et bien sur Bad Boy, sans compter notre blanc de Valandraud N°2. remarquables comme Haut Carles, Fleur Cardinale, Fieuzal, Moulin Haut Laroque, Vieille Cure, La Dauphine, Tour des Termes, Tour Carnet, Sansonnet,

Si l’on rajoute les vins présentés par les 300 négociants bordelais, ça fait du monde, des choix, à tous les prix dans tous les styles, classiques, modernes, chouchous de Dupont ou Parker, il y a le choix !

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Published by Jean Luc Thunevin - dans Primeur
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commentaires

Pierre Frachon 28/06/2010 15:56



Je suis très surpris par ce qui est écrit par Mr Thunevin....Il n'y a pas besoin de remonter très loin dans le temps pour voir à quel point les campagnes primeurs 2006 et 2007 s'étaient mal
passées, gonflant ainsi les stocks de quasiment tous les châteaux bordelais. Le vin est vu par un certain nombre de personnes comme une valeur spéculative et non pas comme un bien consommable. Il
n'y a qu'à voir le nombre de "funds" dans le domaine du vin qui achètent à tout va des premiers ou deuxièmes grands crus, les rendant par la suite totalement inabordables pour les passionnés que
nous sommes. Ce qu'il ne faut pas oublier, c'est que ces vins seront un jour remis sur le marchés par quantité industrielle et que les prix s'effondreront à ce moment-là. Alors on peut ergoter
que c'est le marché chinois qui fait monter les prix alors qu'on sait très bien que le nombre de chinois buvant du Cheval Blanc ou du Latour ne sont pas si légion que cela, il est certain que la
majorité des passionnés se sont tournés vers des millésimes plus anciens, moins onéreux, accessibles tout de suite. Et les négociants regorgent de millésimes anciens. Et quand ils n'en auront
plus, si Bordeaux continue, en terme de prix, de se moquer des passionnés qui font sa renommée, j'arrêterai de boire du bordeau.



serge 21/06/2010 22:25



incroyable c'est exactement cela, mais il fallait quand même le trouver!!!!!!!!!!



mauss 21/06/2010 21:19



… ou comment un produit de passion devient un produit banal



serge 21/06/2010 20:51



Bref, vous vous faites unpaquet de pognon, mais pas vraiment de nouveaux amis. je sais, je sais : le but du business est de faire des sous, pas des copains. Il n'empêche…


Commentaire n°1 posté par mauss aujourd'hui


moi par exemple je suis très ami avec le PDG de Panasonic parce que je trouve le prix de mon Lumix très raisonnable mais avec le PDG de Nikon, nous sommes à couteaux tirés............ c'est
simple, on ne se cause plus!!!



serge 21/06/2010 18:57



j'ai bien fait de ne réserver qu'une bouteille de valandraud 2009 sinon les gamins étaient déshérités!