Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Jean Luc Thunevin

  • : Jean-Luc Thunevin
  • : Bienvenue sur le Blog de Jean-Luc Thunevin, propriétaire de Château Valandraud.
  • Contact

  • Blog de Jean Luc Thunevin

Recherche

Articles Récents

11 mai 2010 2 11 /05 /mai /2010 12:43

 

moufflette

 

 

A Paris, le salon de la RVF a été particulièrement réussi et il y a eu beaucoup de monde. Les salons attirent de plus en plus d’amateurs, jeunes, garçons et filles, professionnels et particuliers, et même journalistes travaillant  pour des  médias concurrents !

 

Seul « bémol » : l’obsession de toute l’équipe de la RVF concernant l’alcool et les vins puissants. A croire que la loi Evin a transformé tous les journalistes en anti - vins riches, à moins que cela soit l’idée qu’ils se font du goût Parker, voire sans doute Bettane et Desseauve et l’envie de faire le contraire ?

Ici ou là dans les médias français, et pas qu’à la RVF, je vois cette vague anti alcool dans le vin, sans prendre la précaution  d’au moins parler d’équilibre ou même tout simplement de permettre à d’autres points de vues de s’exprimer. Cela devient du journalisme engagé et cela me navre. Pour moi, bien sûr, et mon goût pour les vins riches, cela me désole pour les vins de mes amis d’ici à Bordeaux ou du Roussillon et cela me rappelle cette histoire d’un humoriste depuis longtemps disparu, Fernand Raynaud, et son sketch La Bougie.

J’explique, pour les plus jeunes : dans une famille où tous ont la bouche de travers, impossible d’éteindre une bougie en soufflant, l’air part à côté, enfin quelqu’un y arrive mais il n’est pas normal (par rapport à cette famille) car il n’a pas la bouche de travers.

 

Je pense aussi à cette histoire vécue par Hervé Bizeul et moi avec nos amis distributeurs canadiens : en l’occurrence, l’acheteuse trouvait que quelques vins sentaient la mouffette.

La mouffette doit sentir mauvais au Canada (c’est une espèce de putois) pour être l’image utilisée par cette charmante québecoise pour définir les odeurs de brett : odeur tenant du réduit, du mercaptan, du caca bien odorant, ou comme dirait aussi un ami amateur de cheval, à la sueur d’un cheval malade !

Donc, en tout cas, nos amis journalistes finissent par aimer les défauts évidents pour tous ceux qui ont fait le DUAD avec le professeur Dubourdieu ,  pour tous les oenologues qui, compétents, essayent de faire des vins « propres », et ils aiment ces vins à défauts (à mon avis) avec conviction, car c’est le contraire de ces vins qui sentent le bois neuf, le fruit mûr, le raisin. Y a-t-il un nouveau goût pour la scatologie ? Je ne sais pas.

En tout cas, à plus de  13°, c’est ramassé trop tard en surmaturité, le goût d’aujourd’hui, c’est du brett, du végétal, du minéral acide, de la transparence…Halte aux vins trop noirs !

Le nouveau Ku Klux Klan du vin n’aime pas ces couleurs sombres ! Ni la bonne barrique neuve, ni les vins qui n’ont pas un peu de perlant sur la langue. Après la nouvelle cuisine et ses excès, les nouveaux vins nature, ça c’est sûr il faut de tout pour faire un monde, après avoir longtemps négligé ce type  de vins, il était temps de les remettre au goût du jour… Je m’en vais de ce pas demander à mes collaborateurs de faire une petite cuvée à offrir à ces amateurs pour montrer notre savoir faire, je devrai dire notre savoir pas faire.

Partager cet article
Repost0

commentaires

Pascal 19/06/2010 13:27



Vaste débat !


En dehors de l'évolution de la science et des techniques de production, il y a les effets de mode. Et comme toujours, le "marchand" décide à la place du consommateur les goûts de ce dernier. Et
cherche à le convaincre que c'est le consommateur qui choisit !


La recherche de la maturité du raisin, du vin non piqué, souple, du chai tenu propre, n'est pas une mode. Le "faire mieux" a remplacé le "on fait dégueulasse de père en fils, il faut continuer".
Mille fois tant mieux.


Après, il y a eu les excès de la mode : des vins imbuvables car trop boisés, trop riches, trop alcooleux, qui laissent la bouche pâteuse et tapent un grand coup sur le crâne. Mes voisins bobos
payaient cher pour çà il y a 10 ans.


Aujourd'hui, c'est l'excès inverse, le retour de balancier : mes voisins bobos paient cher pour des vins dits naturels, sans soufre, imbuvables car complètement tournés en vinaigre. Et en plus,
ils sont contents !


Il faudrait que les directeurs de marketing comprennent qu'il n'y a pas de règle unique et absolue et acceptent surtout la diversité en matière de vin. Le principal est que le vin soit buvable,
et qu'il procure du plaisir et de l'envie sans ruiner la santé. Tout le reste, le consommateur s'en fout.


Après, tout est possible, ni l'acidité, ni l'amertume, ni le sucre ne sont des défauts. Certains grands vins allemands titrent 10 °, certains grands vins du sud approchent les 15, mais ils sont
grands !


J'ai été très agréablement surpris par l'équilibre de Valandraud, découvert au salon de la RVF. Il était riche mais pas lourd. Par contre, on peut aussi aimer la légèreté, dès lors qu'elle n'est
synonime d'inconsistance.


Quant aux défauts, c'est également difficile à déterminer. Un vin animal est-il défectueux ? Un fromage qui pue est-il défectueux ? Une odeur mauvaise l'est-elle pour tout le monde ? Et comment
distinguer le défaut du caractère ? Evidemment, je n'ai pas la réponse.


Merci pour cet article, en tout cas, qui ouvre la discussion en rejetant la pensée unique.



Benoit Vigoureux 19/05/2010 16:27



Salut Jean Luc, je te souhaite un bon vinexpo, tu sais aujourd'hui les clients sur Paris souhaitent des vins dits "naturels" sans trop d'alcool, sans sulfites produit de préférence en bio, dans
des chais en terre battue... Ils veulent de l'authentique comme on dit en provence, ils veulent cela parce que nous avons tout une bande de couillons qui font l'apologie de ce type de vin. En
plus tu peux faire appel à certains consultants aujourd'hui pour t'aider à être reconnu par ce type de client et ces consultants n'ont comme diplome en oenologie que le seul fait d'avoir pu
photographier la faculté d'oeno. Je suis un peu inquiet que restera t il après nos professeurs Roland et Dubourdieu? Ceux là on leur doit beaucoup! Allez les vins aux gouts de fumiers ne dureront
pas! de toute manière ils ne peuvent pas durer!



JP 13/05/2010 08:59



dès que j'ai les moyens de me payer un hectare en Côte -Rôtie, j'acète,  j'arrache tout et je fais le test! promis!



Patrick Essa 12/05/2010 22:14



  Essaie de planter du grenache en Côte Rôtie et tu verras le résultat...nous sommes pourtant dans les deux cas dans le Rhône. D'autre part il faut déguster les 2008 et
2007 bourguignons et se pencher sur leurs aspects sur-mûrs.Edifiant!



JP 12/05/2010 21:17



les cépages qui ont fait la gloire du bordelais comme ceux de la bourgogne étaient à l'époque à la limite nord des possibilités de leur culture, la limite nord  serait désormais au environs
du cercle polaire alors les vins que l'on fait à Bordeaux ont peu de différence avec ce qu'on trouve en afrique du
sud, et sont de plus  chargés en alcool et laisse souvent une sensation de sucré, dans 10 ans ont aura peut être les mêmes teneurs que les vins mutés!! tient il faudra que j'en parle à al
gore!!