Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
30 août 2011 2 30 /08 /août /2011 16:22

Melon et chiffonnade de jambon espagnol, escargots petits gris à la bordelaise façon Mumu (ramassés par moi lors des orages du mois d’Août) et figues de Fongaban à la vanille de Tahiti.

Vin pour se faire la bouche sur ce plat épicé : Aalto PS 2006 Ribera del Duero (94RP), très jeune, tanins encore très présents mais beau vin, concentré, net, étiquette visible.


Ensuite,  à l’aveugle, le vin de droite, un délice, une gourmandise, presque trop bon, certains ici à Bordeaux, obsédés  par le sexe des anges, diraient « putassier ». On peut comprendre les commentaires du style « trop bon, trop sexy maintenant, et demain alors ? ». Un vin rive gauche qui ressemble à un vin rive droite, un grand Pomerol, et bien non… C’est ce Lascombes 2005  qui a fini 1er dans une dégustation à l’aveugle du Grand Jury Européen. Comme quoi, même les professionnels qui composent ce grand jury peuvent être enchantés par un vin séduisant. Il ne faut pas désespérer des dégustateurs, pas toujours obsédés par l’intellect d’un vin, son histoire, son avenir, mais capables de prendre du plaisir avec un bon, très bon Margaux. J’en ai eu en stock, acheté suite à ce ramdam de sa 1ère place et noté 95  Robert Parker, vendu en magasin autour de 100  euros.


A gauche, heureusement préféré par mes invités plutôt professionnels de la dégustation, Valandraud 2005 dont je pensais qu’il serait largement battu par Lascombes.

Comme quoi, je peux faire goûter chez moi des vins  face au mien sans automatiquement chercher à le  faire ressortir devant la « compétition ». D’ailleurs, le dernier journaliste qui est venu manger  à la maison  avec Murielle alors que je n’étais pas là a pu prendre dans ma cave un Pingus  qui n’a plus rien à prouver et surtout un 1er cru classé 1855 du Médoc, millésime 1995 qui a pris, d’après les autres convives, une branlée style  « c’est même pas un 2ème vin », mais ça c’est les dégustations comparatives . Pavie 2003 par exemple dépasse  très largement  Valandraud, qui lui-même dépasse très largement quelques premiers crus, et c’est comme ça.

Ici, La Mondotte, Angélus sont de sacrés vins qui, à l’aveugle, font des 1ères places. Bien entendu, je parle de dégustateurs qui ont mon goût pour le style de vin que j’aime : mûr, concentré, à la Rolland 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Jean Luc Thunevin - dans Dégustation
commenter cet article

commentaires

laurentg 31/08/2011 18:16



Jean-Luc,


Je voulais éviter un propos trop évasif. J'ajoute que nous étions dans une session de vins espagnols, ce qui diminue encore l'impact d'une éventuelle comparaison entre un Ribera caricatural et
hâbleur et un élégant pinot de la côte de Nuits vinifié avec délicatesse.


Sinon, je m'en tiens au plaisir aussi et dans ce genre de vin, je n'en trouve pas beaucoup.



Jean Luc Thunevin 31/08/2011 17:30



Pas mal de commentaires suite à ma dernière dégustation !


@Mr Blanc : en effet, vous avez raison, mais il a actuellement toute une palette de goût d'acidité, de pH avec qualité et équilibre, chacun pouvant trouver plus de plaisir à un équilibre plutôt
qu'à un autre.


@Laurentg : loin de moi de goûter aussi analytiquement que vous.. pour Aalto, en tout cas, sûr que ce vin n'était pas dans le registre vin élégant à la bordelaise, mais  je ne crois pas que
son géniteur recherche cela. Ceci dit, je comprends très bien vos commentaires, au moins en partie.


@Stéphane : que nenni, beaucoup goûtent et boivent pour le travail, certains même comme des machines, d'où le succès de Michel Bettane ou de Robert Parker qui, quand ils aiment font partager leur
plaisir et donnent envie d'acheter et de boire le vin aimé par eux. C'est le cas de quelques critiques ayant "pignon sur rue". D'autres ne font que remplir leur cahier de notes pour pouvoir dire
qu'ils l'ont "plus grande"  ;)



mauss 31/08/2011 11:59



C'est bien joli tout cela, mais si ça doit "prouver" quelque chose, c'est fondamentalement que toutes ces dégustations sont avant tout des photos à un temps T et que c'est peut-être parfois un
résultat identique ailleurs, mais avouons que c'est rarissime.


Donc, si le GJE continuera à faire ses sessions, ce sera de plus en plus dans l'optique de permettre à des crus de s'affronter aux grands noms, bien plus que de mettre une note de premier ou de
second ou de dernier.


Et, Messieurs les producteurs, vos buveurs, je veux dire vos acheteurs, ne sont pas des professionnels : ils aiment boire et veulent du plaisir et non de la technique. Plaisir et émotion, et non
pas perfection.



laurentg 31/08/2011 10:37



Jean-Luc,


Je précise que j'ai bien aimé Montrose 2003 (ainsi que Dame de Montrose 2003, Angélus 2003). J'espère que Pavie 2003 sera aussi bon, dans la durée.


Car la finesse et la fraîcheur sont pour moi des vertus essentielles. Alors bien sûr, chacun la capte à sa manière, dans la diversité. On peut même la trouver sur le somptueux Taylor's 2003,
d'ailleurs (il titre plus de 20° d'alcool, pourtant). :-)


Ce qu'il faudrait un jour, c'est goûter ce Aalto ensemble, avec Gilles, à l'aveugle, pas à l'aveugle. Les partages sincères sont très enrichissants.



laurentg 31/08/2011 10:35



Stéphane,


Pour avoir participé à des sessions du GJE, je te confirme que l'on peut en effet prendre du plaisir (et aussi du déplaisir parfois).


Ce qui me paraît utile de rappeler, c'est que les debriefings orchestrés par François Mauss, vin par vin, montrent bien que le consensus n'a aucun sens, dans un panel d'une quinzaine de
dégustateurs de cultures et d'expériences diverses.


On rencontre les vins, les hommes qui les commentent aussi.


C'est palpitant !