Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
29 décembre 2010 3 29 /12 /décembre /2010 20:47

Le syndicat de Saint Emilion nous a fait parvenir l’ébauche des règles fixées par l’INAO pour le prochain classement des vins de Saint Emilion.


Rappel des faits :

Le dernier classement devait être fait pour aller jusqu’en 2016. Des plaintes de certains déclassés ont fait annuler le classement 2006, et depuis il y a un classement avec les classés et les déclassés et les nouveaux classés valables jusqu’en 2012.

Le projet proposé par l’INAO aujourd’hui propose que 50% de  la note corresponde à la qualité du vin, 20 % pour la notoriété,  20% pour le terroir et 10 % pour les structures de vinification et réception.


Je simplifie :

A aujourd’hui, je connais plein de gens pour ce règlement, mais aussi quelques oppositions très fortes avec en gros 2  arguments contre ces nouvelles règles : trop d’importance donnée à la dégustation et jury extérieur + INAO.


Ils proposent 3  alternatives, selon les intérêts des uns ou des autres :

1/ 1/3 pour la dégustation    1/3  pour les prix et la notoriété   1/3  pour le terroir

2/ rien de change de l’état actuel du classement de tous, classés, déclassés, nouveaux classés jusqu’en 2016.

3/ En finir avec le classement renouvelable et soit garder le dernier à la mode 1855, soit plus de classement.

Il est difficile, il est vrai, de mettre tout le monde d’accord autour d’un tel projet. Chaque personne concernée aura les moyens (plus ou moins) d’intervenir après les politiques, ministres, président de la République, voire de l’administration ou de la commission.

 

Tout le monde doit défendre ses idées, ses intérêts, mais comme toujours en démocratie, le bonheur collectif soit prévaloir sur l’intérêt d’un seul.

En plus des guéguerres locales, tant il y a d’intérêts et de situations différentes - un 1er cru ne veut pas être déclassé, un postulant veut y avoir droit, un cru déclassé veut en être, un non classé trouve normal d’y prétendre, donc en plus des problèmes locaux, je ne pense pas que nos amis du négoce  et courtage bordelais n’aient pas d’avis eux  aussi, et je ne parle pas des classés 1855 ou même des non classés 1855 !


Il y a 2  questions d’importance en tout cas. Y a-t-il encore  une place pour des crus classés A, équivalents des 1ers crus 1855 ?  Dans ce cas y a-t-il un agrément des huit 1ers crus actuels à ouvrir la porte à de nouveaux prétendants à ce statut ? Le marché le voudrait-il d’ailleurs ?


Quant à moi qui aime Saint Emilion et suis toujours un peu provocateur, je me dis qu’il n’y a aucune raison que Pauillac avec ses 1200  hectares ait 3  premiers crus classés (Latour, Lafite Rothschild puis Mouton Rothschild en 1973) et que Saint Emilion avec ses 5500 hectares ( dont au moins 3000  sont top niveau) n’ait pas lui aussi droit à 6  crus classés et  qui, de toute façon, ne feront pas à eux 6  la production de Lafite Rothschild ( et je ne parle pas du deuxième vin !)


Voilà des sujets de réflexion offerts pour cette nouvelle année, tant qu’il est encore temps

Partager cet article

Repost 0
Published by Jean Luc Thunevin - dans C'est dans l'air...
commenter cet article

commentaires

mauss 30/12/2010 12:12



Greg : il ne faut pas oublier l'importance d'un classement pour la valeur du foncier, un point fondamental pour les propriétaires.


Attendons le texte final car d'après notre hôte ici, ce n'est qu'une ébauche toujours en discussion ? Ou est-ce bien un texte final avec tous les détails des procédures envisagées ?


Il est vrai qu'aujourd'hui, avec la naissance de la notion de marque et avec les moyens immédiats de communication, ces classements ont une importance moindre et que la véritable classement des
vins reste le résultat du prix fixé par l'offre-demande, comme cela se constate dans les régions sans classements, comme le Rhône ou Pomerol pour rester à Bordeaux.


In fine, mais si c'est difficilement contestable dans le contexte actuel des transparences, cela semble difficile de laisser la décision finale d'un classement en dehors des principaux intéressés
qui, quelque part, doivent garder le dernier mot. Mais attendons le texte final pour bien étudier cela.


JLT : ce texte est disponible pour le public ou il est réservé aux propriétés ?



Greg 29/12/2010 22:30



Peu importe la part donnée à la dégustation et/ou la composition du jury: ces classements ont de moins en moins de valeur et d'importance. Ils étaient utiles il y a quelques années car ils
permettaient au public de se faire une idée de la qualité "officielle" de chaque vin et ce de manière aisée: une mention sur l'étiquette. Maintenant, l'abondance de notes et d'opinions à portée
de main/d'iPhone, qu'elles soient pros comme Parker ou amateurs comme celles offertes par les nouveaux sites à l'image de SocialGrapes, rendent inutiles les Classement types Saint-Émilion, Crus
Bourgeois et même delui des Graves (*).


Internet facilite la conversation: on parle plus, on échange plus d'infos et d'opinions. Même si au milieu il y a plus de bruit aussi, peu importe car la proportion reste la même mais la quantité
se décuple ou se centuple. Découvrir un château et rebondir sur des dizaines d'opinions positives sur lui en moins d'une heure de navigation est parfaitement possible maintenant. Et on se fout
complètement de savoir si ce vin est classé ou pas car il s'agit seulement d'une information supplémentaire. À peine plus tenue en compte, quand bien même elle proviendrait de l'INAO.


(*) Et celui de 1855? Il vaut exactement la même chose qu'un titre de noblesse: beaucoup aux yeux de certains et pas un kopeck aux yeux des autres. En fait, sa valeur n'est pas per se
sinon qu'il vaut ce que l'on y cherche.