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Jean Luc Thunevin

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  • : Bienvenue sur le Blog de Jean-Luc Thunevin, propriétaire de Château Valandraud.
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30 août 2005 2 30 /08 /août /2005 23:00

Hier à Fronsac, visite collective des vignes du Château Haut Mazeris. Ce terroir incroyable souffre  de la sècheresse cette année. L'équilibre parfait obtenu durant les années "normales" par la gestion de l'enherbement naturel montre ses limites.Après les vendanges, on relabourera certaines parcelles un rang sur deux et la totalité pour d'autres. J'ai beau le savoir, cela prouve une fois encore que la bonne méthode, c'est pas de méthode, mais du réglage permanent.

Chez moi à Saint Emilion, une grosse parcelle d'un hectare souffre depuis 3 ans de la sècheresse. En effet, en plus de cette succession d'années sèches, j'ai eu la bonne idée de creuser un puits pour drainer tout le secteur. Les vignes n'apprécient pas. Est-ce que  le porte greffe est adapté ? A vouloir trop bien faire....

Aujourd'hui, j'ai acheté la version française du livre de William Echikson (journaliste ayant travaillé au Wine Spectator) "Pourriture Noble" publié chez Grasset, et qui se lit comme un roman. On y parle beaucoup d'Yquem, mais aussi de Gracia et des petites histoires de Bordeaux.

J'ai également acheté le très pratique Guide Gerbelle et Maurange des meilleurs vins à petits prix, dans lequel j'ai la chance d'avoir PRESIDIAL 2003 très bien noté et commenté. Comme avec le Guide Hachette, mais en plus concis, on peut trouver une pré-sélection de vins pour notre négoce.

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commentaires

Patrick 31/08/2005 17:24

Tes écrits m'interpellent Jean-Luc.
Drainer une terre pour la voir souffrir est un acte certes non prémédité, mais c'est aussi une décision que ne prenais pas les anciens. A tord ou a raison, je m'interroge.
Par manque de moyens sans doute, par sagesse peut-être mais je crois au fond plus par fatalisme. Une terre était acceptée comme elle était, dans ses potentialités initiales et l'on laissait souvent les choses filer sur un rythme tranquille. Non que les soins fussent moindres mais ils étaient proportionnés à la valeur supposée de la terre; « dis moi ta façon je te dirai qui tu es ».
Aujourd'hui on optimise, on réfléchi à la meilleure manière de "doper" une terre, on viole en quelque sorte sa nature innée. Parfois à juste titre car un rien peut autoriser une métamorphose (tu sais la grenouille...) mais trop souvent de manière abusive en dénaturant le substrat originel. Je vois de ma fenêtre une terre merveilleuse dont les têtes de roche qui affleurent explose sous les bâtons de dynamite; elle se remplit de terre d'en bas, se redessine en terrasse et subit un lifting qui gomme ses plis ancestraux.
J'ai peur qu'à force de remodelage et de remplissage elle devienne aussi belle à voir de loin que vilaine à déguster de près,et si un jour la sécheresse l'étreint, je suis sûr de ne pas l'irriguer d'une larme...

Bien à toi,

Patrick

PS : bien entendu je ne saurais porter un jugement sur les travaux que tu as réalisé et qui n'ont sans doute rien à voir avec les travaux qui me préoccupent.