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Jean Luc Thunevin

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  • : Bienvenue sur le Blog de Jean-Luc Thunevin, propriétaire de Château Valandraud.
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4 juin 2009 4 04 /06 /juin /2009 14:46

Doit-on dire du mal ou du bien des critiques ?

Eux qui ne se privent pas pour dire ce qu’ils pensent en bien ou en mal des vins qu’ils analysent ainsi que des qualités et défauts supposés ou réels des vins et des propriétaires ou consultants .

Je comprends bien que le journaliste, le critique, fait son métier, mais souvent (pas toujours), son jugement est influencé par ses opinions et ça peut donner :

Vin rouge noir : bonne note

Vin rouge noir : mauvaise note

Bois neuf : bonne note

Bois neuf : mauvaise note

Vin concentré : bonne note

Vin concentré : mauvaise note

 

Chaque critique ayant d’ailleurs cette capacité à ne classifier que les crus qui ne sont pas trop connus  ou polémiques  (Pavie par exemple)

Prenons les 1ers crus 1855 par exemple :  pas besoin de lire les critiques , car tous sauf le Grand Jury Européen,  leur donnent les meilleures notes…

A l’époque des débuts de Valandraud, tous les critiques hormis Parker et Bettane avaient tendance à mettre les meilleures notes  aux 1ers et assimilés, même quand ceux – ci étaient pour le moins ratés ou insuffisants. Dans les millésimes ratés que sont 91- 92- 93 -94, il faudrait ressortir les notes de ces critiques et leur faire boire à l’aveugle à côté d’un bon challenger.

J’ai chez moi eu à organiser ce genre de dégustation et à part quelques pervers compétents capables de reconnaitre un bon vin et de mal le noter, tous les autres étaient capables de rétablir les vins réussis  par rapport aux ratés, même si après, au « débriefing » (comme le fait François Mauss), ces mêmes critiques trouvent des excuses aux icones qu’ils ont l’habitude de bien noter. Difficile en effet de se déjuger, de changer d’avis, surtout si le château très connu peut vous supprimer l’accès. (comme cela a  pu arriver à Jean Marc Quarin ou peut  être à Michel Bettane).

Tout le monde donc se met à utiliser la langue bordelaise du politiquement correct du « c’est intéressant » au « terroir » à « l’élégance » « du fruit » voire au « tendu » « minéral » (comme actuellement)

Il est vrai que tous, à 2 ou 3 exceptions près, essayent de bien faire leur boulot, avec leurs honnêtes règles et que certains sont devenus crédibles par la quantité de travail fourni et qu’ils ont eux aussi leurs clients qui se retrouvent dans leurs jugements, année après année (même si ce ne sont pas les miens).

Doit-on, comme le dit avec « humour » un de mes amis à propos des journalistes qui goûtent bien son vin et lui donne la meilleure note : « il goûte bien, il est très compétent »

(tel le négociant bordelais qui goûte bien la « marge »)

Doit-on continuer à offrir son vin aux critiques qui mettent systématiquement une mauvaise  note ? Dois-je arrêter, alors que tant de crus aimeraient avoir au moins ce que je considère comme une mauvaise note ?

Pourquoi si peu de journalistes vont ils sur le terrain visiter les vignes, le chai, voir les gens ? Alors que sans cesse ils vont et re-vont visiter ces 15 à 30 marques -châteaux-icônes .

 

Pourquoi si peu de curiosité ? Comme si toute les vignes se ressemblaient (Philippe Maurange sait voir quand les vignes sont désherbées, Quarin voit bien si les vignes sont jeunes ou vieilles), comme si tous les chais de vinification étaient propres et sentaient bon … Comme si toutes les caves d’élevage étaient sans odeur de moisi, de vieilles barriques, de champignons ! Comme ci toutes ces mises en bouteille étaient faites de la même façon, etc…

Pourquoi si peu de dégustations à l’aveugle ? de contrôle ? Manque d’argent, de temps, pas utile ?

Comment ne pas vouloir vérifier les langages  bio, les discours attendus, n’est ce pas leur métier que de chercher, de se remettre  en question encore et encore ?

Attention, ce que vous avez dit, écrit, c’est un peu comme nos bouteilles, il y aura peut être quelqu’un pour vérifier. !

 

Chaque fois que j’ai le sentiment d’avoir à faire à une critique injuste ou fausse, j’avais coutume de dire que si moi j’achetais ou faisais un mauvais vin, je prendrai un risque financier pour mon entreprise et que je ferai faillite, et qu’un journaliste ou critique qui se trompait pouvait lui aussi perdre ses lecteurs. Ce peut être plus long, moins grave, mais au final la crédibilité du critique peu subir les mêmes attaques que celles d’un cru 1855 !

La vérité est dans le verre.

 

La vraie question est surtout : est-il nécessaire de goûter un vin alors qu’on sait qu’on va mettre une mauvaise note et est-il normal de continuer à proposer notre vin à un dégustateur dont on sait à l’avance qu’il ne va pas aimer, soit réellement, soit politiquement, d’ailleurs.

Vive Bertrand Le Guern et son travail statistique qui met en relief les notes « erratiques ».

Ce qui n’empêche pas  d’ailleurs tel critique connu qui n’aime pas les vins concentrés, d’être sérieux  et très écouté par ses lecteurs qui partagent ses convictions et ses goûts.

Jacques Luxey me manque,  Grand Jury  Européen  est un peu dans son éthique mais  n’a pas le pouvoir qu’il mérite.

C’est ainsi.

 

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commentaires

laurentg 09/06/2009 17:31

"Mais un guide sans hiérarchie c'est comme une soupe sans sel"En effet, un peu comme une liste de commentaires sans notes (pour la trace, le confort du lecteur, la nuance assistée, ...).Reste au moins le champ émotionnel que défend François, si légitime, qui fait que le plaisir à partager un vin, grand ou pas, se passe de commentaires.Et aussi le critère "vin plaisir", important pour l'acheteur car impliquant le prix.Un domaine dans lequel entre clairement la cuvée Constance.Pour un grand grenache ou une admirable syrah, 60 euros me paraissent un maximum (chez Rayas ou chez Jamet en Côte Brune).J'ajoute que l'on trouve en LR de superbes vins de méditation, mutés, à prix raisonnables.

mauss 08/06/2009 19:30

Sacré Michel : tu lis trop vite ! Il est évident que je tiens absolument à ce qu'il reste uen hiérarchie notée. Tu connais ma passion innée pour l'égalitarisme :-)Comment as-tu pu déduire de mon billet que je ne voulais plus de classement des domaines ? Tout au contraire, mais bien sûr, avec un commentaire sur le style des vins du vinificateur, ce que d'ailleurs tu fais parfatement. Me menacer de diète ! On aura tout lu ! C'est quasi l'insulte suprême :-))))))Ceci dit, j'azi toujours dit sur je préfère une note sur 5 plutôt qsue sur 3 : mais ça, c'est encore une autre histoire !

bettane 08/06/2009 15:53

C'est la raison pour laquelle une hiérarchisation des producteurs par classes, inspirée du systême Michelin, sera toujours plus juste qu'une note chiffrée, mettant sur le même plan des producteurs de même valeur sur des terroirs très différents. C'est d'ailleurs le négoce qui a inventé le procédé avec le fameux classement de 1855 et ses 5 classes. Mais un guide sans hiérarchie c'est comme une soupe sans sel. Mon pauvre François je ne savais pas que tu étais à la diète!

mauss 08/06/2009 11:19

Effectivement, il suffit de lire la dernière édition du BD pour voir à quel point leur point de vue "critique" a évolué. Confer les nouvelles sections style "vins plaisir".Bien d'accord sur la pauvreté des notes sur 100… alors même qu'on continue à les appliquer un peu partout, y compris au GJE, ne serait-ce que pour donner un élément de comparaison avec les autres critiques.Ceci dit, sous l'impulsion du jeune et bouillant Hervé, on est en train de développer la mise en place de nouvelles infos lors de nos sessions :a : les vins que j'achète pour mettre dans ma cave (avec indication du prix maxi que j'accepte de payer)b : les vins dont j'aimerai "piquer" la bouteille pour casser la graine ce midi avec mes meilleurs potes.On a lancé cela en Italie pour les barbera, et les résultats sont simplement passionnants. On va y travailler sérieux avec Bernard Burtschy.Et je reviens toujours à mon dada : je cherche le Guide qui ne parlera que du style des vignerons, sachant pertinemment que, dans le contexte climatique de chaque millésime, ce vigneron cherchera à faire le mieux possible dans le propre style qu'il aime. Cela change tout et je n'ai pas besoin de notes sur 20 ou sur 100, mais j'ai furieusement besoin d'en savoir plus sur le vigneron et ses terroirs.Et, natürlich, chacun comprend que cal évite le travail redoutable de réécrire des textes - assez vains - chaque année sur une multitude de crus qu'on déguste trop vite dans un contexte assez éloigné de sa consommation habituelle.Bref, on doit et on va évoluer.

Michel Bettane 07/06/2009 09:52

Cher Jean LucIl est toujours bon de se défouler! Sur la question des bonnes notes des "premiers" il n'y a qu'une réponse, même si elle est contraire à l'égalitarisme franchouillard : grand terroir et bon travail égale grand vin. Reste les limites de la hiérachisation liée à la note qui est aussi idiote  en matière de vin qu'en matière d'art où l'on ne classe pas les artistes, ni leurs oeuvres, entre eux. La découverte des nouveaux talents fait partie de notre job (la plus intéressante!) mais les grands terroirs nouveaux il n'y en a guère.