J’ai acheté en Août 2004, via la SARL Ets Thunevin, le Château Bellevue de Tayac Margaux AOC, avec un financement 100 % Crédit Lyonnais pour 1 500 000 euros : 3 ha en vignes (dont 1 ha arraché et replanté en 2005), un chai plus 1 ha en fermage (cela veut dire que l’on loue contre un loyer – et dans ce cas précis il s’agit de la fourniture annuelle de 1200 bouteilles de Margaux AOC)
Production 2004 : 16 000 bouteilles
Investissement supplémentaire pour refaire le chai, la cuverie, mise aux normes, matériel (il n’y avait rien en bon état sauf une benne à vendange) et un appartement de gardien, des toilettes, un local de vente, arrachage, drainage, replantation d’un hectare, repalissage… La routine, quoi… pour un peu plus de 500 000 euro je suppose.
Budget total à ce jour entre investissement et trésorerie avancée, 2 récoltes, soit un total d’environ 2 300 000 euros et pas encore une seule rentrée d’argent puisque je n’ai pas voulu vendre en primeur (et d’ailleurs, l’aurai-je pu ? 2004 ne s’y prêtait pas trop)
C’est pour dire que depuis hier, la mise en bouteille du 2004 est faite, les étiquettes et le reste aussi, nous allons pouvoir commencer à vendre Château Bellevue de Tayac 2004, premier millésime entièrement réalisé par Guillaume Quéron (Château Fleur Mongiron), avec un seul employé permanent (Christophe) et l’aide de l’entreprise Banton-Lauret.
A quel prix vendre ce Margaux 2004, d’un niveau déjà très bon et capable dès la première année de se situer dans les tout bons Margaux.
Est-ce que cela sera rentable ? (du point de vue de mon comptable qui est le seul habilité à me renseigner par les chiffres)
Ces quelques lignes vous ont elles permis d’apprendre tout ce que comporte la mise ne place d’une marque ?
Est-il possible aujourd’hui pour un agriculteur lambda de s’installer sur une appellation dite « noble » ? je ne le crois pas.
Nos ventes, dans le meilleur des cas , pourront compenser nos coûts de revient. Mais comment faire pour rembourser le foncier, qui lui ne s’amortit pas. Vive notre système fiscal qui a prévu pleins de lois pour l’immobilier privé et rien pour l’agriculteur.
En attendant, comment vendre ce vin : en direct ? pas le négoce ? Libre pour tous circuits ? par pays ? C’est ce que je vais essayer de choisir dans les jours qui viennent, et surtout dans quel créneau de prix ?
Ah, aussi, une précision qui a son importance, Bellevue de Tayac ne porte ma signature que depuis 2004, en clair cela signifie que je ne suis pas du tout responsable des millésimes précédents. C’est là où la notion de terroir s’incline devant l’homme. Ca, c’est pour les terroiristes acharnés qui vont se dire un Margaux, même nom, même goût , ou ceux petits malins qui vont acheter un pâté 50 % Alouette et 50 % Cochon (1 alouette + 1 cochon) , si vous voyez ce que je veux dire !
Exemple : La Mondotte 1995, vin très moyen devenu très cher à cause de La Mondotte nouvelle formule 1996, en est l’exemple affligeant (que moi aussi, dans ce cas précis, je reproduit) quand on garde le même nom de château et que les clients ne sont pas très au courant du changement qualitatif.
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