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5 février 2009 4 05 /02 /février /2009 15:30

J’ai déjà pu goûter Phelan Ségur, Clément Pichon et bien sûr Bellevue de Tayac, Marojallia, mais il me tarde d’aller voir mes amis de la Rive Gauche et goûter leurs vins 2008. Même si cela concerne le boulot et la campagne primeur, c’est aussi pour la curiosité et la gourmandise.

 

Y aura-t-il Rive gauche les mêmes surprises que sur notre Rive droite ?

Si j’en crois les consultants et « radio courtiers »  il y a de sacrés vins  !  Je sais, sans les avoir goûtés, que Pontet Canet, La Tour Carnet sont très très réussis !

Y a-t-il là aussi cette sucrosité, douceur légèrement acidulée, parfums déjà ressentis sur quelques 2005, 1998 ?

Est-ce que les sensations trop « sexy », trop « exotiques » vont susciter les mêmes guerres entre anciens et modernes ?

Va-t-on encore nous ressasser ces idioties de ce qui est bon maintenant  ne pourra pas l’être demain ?  Sachant que pour cette année 2008, les ph, les acidités, sont techniquement superbes et avec des sensations de bonbons à la mandarine, violette, raisin et fleur de vigne… Bon, vous avez compris, je commence à le dire partout,  il y aura en 2008  des  tops vins. Je ne peux que saliver à l’avance  devant les Lagrange, Talbot, Ducru Beaucaillou et sa gamme,  Léoville Poyferré, Giscours, Le Tertre, Fieuzal, Haut Marbuzet, Lafon Rochet, Pape Clément, Lynch Bages, Malartic Lagravière, Maucaillou, Pichon Baron , Smith Haut Lafitte, et ceux de Mouton Rothschild bien sûr.

Tous ces vins et ceux que j’ai pu oublier sont des vins que nous vendons tous les ans en primeurs et que j’aurai le plaisir d’acheter et de vendre cette année, si tout se passe bien.

 

Que peut-il se passer de bien ?

-Que ce millésime soit jugé en tant que tel par les médias, et la profession

-Que les prix de mise en marché soient réalistes, pragmatiques

-Que nos clients soient intéressés par les modalités de paiement, de revalorisation

-Que la crise financière et ses effets soient derrière nous

 

 

Que peut-il se passer de mal et quel impact ?

-Que la crise économique fausse les notes des journalistes, ce n’est pas trop grave, la qualité finit toujours par se voir ( 2001, voire 2004)

-Que les prix soient trop haut à la sortie et qu’un ou 2  ans après la propriété solde ses vins, et là dur pour retrouver la confiance. C’était arrivé dans les Vignobles Fayat et bien d’autres ici ou là, et ce n’est tout simplement pas sérieux et dur à faire oublier !

-Que nos clients n’aient plus les moyens ou l’envie de  défendre nos vins, et là encore à nous négoce et propriété de faire des offres et du travail. Nous passons du « je peux te fournir ce vin » à « je veux te vendre ce vin » et ce n’est pas la même musique.

-Que la crise soit devant nous, et adieu Berthe !

 

Conclusion : sans être trop pessimiste, la propriété sera encore trop chère, le négoce pas assez riche, et nos clients professionnels juges de paix ! Les consommateurs auront sans aucun doute la chance de pouvoir revoir de belles étiquettes à bon prix. Mais est ce que ce sera en primeurs ou en foires aux vins ? Il n’est pas sot de penser que ce sera à la livraison.

 

Faut-il être obnubilé par les prix passés, les stocks 2006, 2007, voire 2005 ou faire table rase du passé et considérer que nous entrons dans une nouvelle « économie » ?

 

Toutes ces réflexions nous ferons agir en conséquence – comme mes collègues : ne pas être trop pessimiste, ni aveugle, repenser notre positionnement, prix, distribution, et c’est pour moi déjà engagé avec ma nouvelle forme de mise en marché pour Valandraud et mes vins, en utilisant la force commerciale de mon négoce et de ses 15 commerciaux (et oui) et les synergies avec mes collègues négociants bordelais, car sur 400 entreprises il y en aura bien une partie intéressée par mes productions pour des créneaux, des pays où nous ne sommes pas performants, ni présents.

Les courtiers eux aussi sont en train de passer du « je peux satisfaire votre demande » au « je peux sans doute vous trouver des vins complémentaires à votre gamme et j’ai peut être quelques vins Thunevin que vous pourriez vendre en exclusivité sur ce pays, etc… »

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Published by Jean Luc Thunevin - dans Primeur
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commentaires

jorge astiz 06/02/2009 15:14

Entendu à radio Rètges : Tue Le Vin Par un grand propriétaire, par la taille aussi.