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Jean Luc Thunevin

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10 novembre 2008 1 10 /11 /novembre /2008 14:06

Voilà ce que m’a demandé Caroline Decoster :

 

« Peut-être savez-vous que j'ai débuté un mastère en management des vins et spiritueux. Pour le cours de marketing, il nous a été demandé de nous adresser à 3 personnes pour un travail intitulé "Récits sur le vin" : Chaque personne doit nous raconter une rencontre, une anecdote, une sensation, une émotion, bref un moment particulier "autour du vin".

 

Ce récit doit être relativement court (une demie-page seulement) et doit permettre, à travers tous les documents recueillis, d'analyser quels sont les "non-dits" autour de l'évocation du vin. Par ailleurs, ce travail peut être anonyme ou non.

 

J'en ai parlé à mes beaux-parents qui m'ont indiqué qu'en tant que grand connaisseur de ce domaine, et rédacteur de votre blog, vous auriez peut-être des choses à raconter...

 

Je dois rendre ce travail dans un mois. N'hésitez pas à m'indiquer si vous n'êtes pas disponible pour cet exercice. Le cas échéant, je serais ravie de pouvoir recueillir votre récit. »

 

Vous pouvez constater que ça commence très fort dans cette école où l’on obtient un mastère en management vins et spiritueux.

En effet, l’élève doit demander à un « quidam » de faire son devoir….C’est mieux que de faire de la recherche, ou de copier de qui est déjà fait. Faire faire ses devoirs par quelqu’un d’autre.

Personne n’aurait pensé à me demander ce genre de chose lors de mes « petites » études.

 

Bon voilà, mais quoi ou que choisir comme histoire ?

 

Dans mon histoire et celle de Murielle, le fait le plus marquant a été cette bouteille de Pétrus 1955 bue en 1982 ou 1983 au bar restaurant Le Petit Prince à Montpon Menestrol pour fêter la vente du bar et la date de naissance de Murielle.

Cette bouteille, offerte par Monsieur et Madame Lisoir  de la part de leur patron (Jean Pierre Moueix) était une réponse à ma demande de débutant amateur de vin, alors employé de banque en charge des économies de ces clients du Crédit Agricole qui, pour améliorer leur retraite d’artisans boulangers, s’étaient fait embaucher comme employés de maison chez ce négociant-propriétaire très célèbre.

Jusqu’alors nous n’avions tous bu que du vin.

Du vin d’appellations plus ou moins connues, Bergerac bien sûr, Pécharmant, Bordeaux, Pomerol, Saint Emilion, Châteauneuf du Pape, Fronsac… Certains de ces vins étaient déjà connus à l’époque, mais voilà, cette bouteille (ouverte sans trop savoir ni sa qualité, ni son prix) servie à table sur un plat dont je ne me souvient pas, mais en compagnie de nos copains – copains de bar, gens  normaux buveurs de bière, de Ricard, de rosé de Provence -  et bien nous sommes tous restés « scotchés », tous surpris par ce vin sans doute bu dans des verres normaux. J’avais, nous avions tous ressenti une émotion, qu’il y avait là quelque chose d’autre … Est ce le vin qui fut responsable de cet émerveillement ? Est ce l’image de luxe et de privilège véhiculée par cette bouteille ? Est ce le fait que cette bouteille ait été offerte ?

Je ne sais plus trop, mais ce dont je suis sûr c’est que c’était bon, un régal, une gourmandise. Ce n’était pas du vin, c’était une révélation.

 

Nous avons tous signé cette bouteille et daté l’instant mais je ne suis pas sûr que nous ayons fait une photo. J’ai toujours cette bouteille vide, l’encre des signatures a disparu avec le temps et  l’étiquette fane doucement.

Depuis, nous avons eu la chance, le privilège d’en reboire,  jamais aussi bonne mais toujours avec émotion. Et dire que c’est cette bouteille qui nous a  fait prendre conscience de ce qu’est un grand vin…

 

Voilà donc l’histoire que Caroline m’avait demandée, mais j’en aurai plein d’autres : ces dégustations avec Philippe, Michel et Jacques Luxey, cette dégustation à Paris où j’avais offert une bouteille de Pétrus 1961 pour avoir le droit de participer à cette grande dégustation de 1961 et où j’avais classé Haut Brion 1961 premier, devant la Mission et Pétrus, encore lui.
etc..

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