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Jean Luc Thunevin

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  • : Bienvenue sur le Blog de Jean-Luc Thunevin, propriétaire de Château Valandraud.
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7 mars 2006 2 07 /03 /mars /2006 12:18

Hier, dégustation du millésime  2005 organisée par le Cercle Rive Droite à Bordeaux pour le négoce bordelais et les courtiers.

Beaucoup de monde, ce qui prouve l’intérêt porté à ce millésime par la profession.

 

 

 

J’ai retrouvé dans presque tous les vins ce qui fait le grand millésime : maturité, équilibre, longueur, fraîcheur. Rien à voir avec l’austérité bien bordelaise des 2004 trouvée par certains. Les 2005 sont presque tous avec de la sucrosité, soit un peu sur la première prise de bois, soit avec un manque de gras qui provient sans doute de malolactiques tardives. Ces vins seront, j’en suis sûr, bien meilleurs dans 3 semaines.

J’ai eu quelques coups de cœur, avec, dans l’ordre :

Fleur de Gay, remarquable

Clos des Jacobins

Clos de la Madeleine

La Fleur de Boüard

Beau Soleil

Veyry

Trianon

Et La Clotte

 

 

 

Je n’ai pas tour goûté, mais une grande partie. J’avais déjà bien goûté, puisque je les suis un peu, Fleur Cardinale et Haut Carles.

En fait, ce qu’il y a de sûr, c’est que je n’ai été déçu que par 2 vins sur 42 goûtés ce matin.

Voilà un bon augure pour ce millésime dont on sait déjà qu’il intéresse nos clients. Chaque négoce, chaque propriété un peu en vue a déjà reçu des signaux positifs, voire trop positifs pour que cette campagne primeur reste raisonnable, mais ça, je le savais déjà et c’est une autre histoire.

 

Le fils de Denis Dubourdieu m’a interpellé pour me parler vin. Je l’avais rencontré lors de son stage à Ausone et depuis  lors nous avons tissé des relations amicales, et je crois qu’il en est de même avec son père. Le seul problème c’est que Fabrice Dubourdieu est très sûr de ses goûts, le doute ne l’atteint pas et dans ses rapports humains, il parle beaucoup avec des avis très tranchés. Donc hier  au Cercle des Grands Vins de la Rive Droite, j’ai eu droit à tout un chapitre sur : « tous les vins se ressemblent ici, trop boisés, pas assez de fruit … Les Japonais sont moins cons que les Américains, le boisé, c’est pas leur tasse de thé, même les Américains mangent des fruits et ne s’attaquent à l’écorce qu’en cas de famine…. Le vin-ceci, le vin- cela…. Sauf les miens, bien sûr, avec des raisins ramassés au bon moment, vinifiés avec peu de bois neuf… »

Et j’ai eu droit aussi à « A part Château Margaux qui peut se  permettre le bois neuf : la preuve, on ne le sent pas dans le vin… Fleur Cardinale est trop sec, patati, patata… »

 

 

 

Bon,  ceux qui  connaissent Fabrice Dubourdieu  ne sont pas étonnés, mais hier, j’étais un peu fatigué après avoir goûté plus de 40 vins et discuté avec pas mal de monde, et donc je n’ai pu lui répondre que oui, il avait en partie raison mais c’est plus compliqué que ça, le vin. Que pour ma part, aucun des vins que je goûtais là en même temps ne ressemblait à son voisin et que c’était normal : propriétaires différents, terroirs différents, philosophies différentes, moyens différents, consultants et œnologues différents…

 Mais je l’avoue, j’ai fui.

Car comment répondre à ce jeune homme si sûr de ses choix, de ses goûts  si ce n’est par la fuite ? Je n’ai pas eu la force de débattre, de faire valoir mes avis, qui sont  peut-être un peu plus nuancés aujourd’hui qu’ils l’étaient lorsque j’avais son âge.

Ah oui, j’oubliais de vous dire que moi, j’ai le goût rustre américain qui aime le bon vin élevé dans du bois neuf de bons tonneliers ; ce qui me désole car une barrique neuve qui contient l’équivalent de 300 bouteilles coûte aujourd’hui en 500 et 750 euro pièce. Mais ça, je peux comprendre que l’on aime pas, etc…

 

 

 

 

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commentaires

steve 23/03/2006 18:37

Tout à fait
Il est anormale de suivre un seul chef, une unique façon ...
Pour ma part il faudrait penser à expliquer  d'ou proviennent les sensations aux amateurs. Ainsi ils comprendraient pourquoi les vins sont différents.
steve

damien 15/03/2006 20:25

enfin des noms...
; )

Patrick Essa 07/03/2006 18:52

Bonjour Jean-Luc,
 

  Le vin est une école de modestie.
 

   Je suis intimement persuadé qu'il n'y a pas un style universel qui plairait à tout le monde, une seule vérité, un seul vigneron, un seul palais. Non il faut être rationnel et comprendre la manière dont le vin  a été pensé.
 

  Peu importe classique ou moderne, boisé ou naturel, extrait ou fluide, gourmand ou puissant; ce qui compte c'est le plaisir que l'on y prend.
 

  Je me moque des process de vinifications et des merrains choisis dès lors que le vin me procure une émotion vraie, une sensation de plaisir liée au fait que j'aime l'avoir en bouche et l'avaler pour le laisser m'imprégner de plaisir.
 

  Je suis en  pleine dégustation des "primeurs bourguignons" 2005 pour la revue "Bourgogne aujourd'hui" et je vois tous les styles, toutes les approches; pas une ne me paraît supérieure à l'autre, pas une ne m'enchante plus qu'une autre. J’essaie de comprendre c'est tout.
 

  Lister les vins dans leur phase, FML ou non, partielle ou non, vendanges entières ou non, égrappage total, partiel ou pas du tout, peu de bois neufs, beaucoup de bois, réduit, éthanal, carbonique, malique, tartrique...Le palais se met au diapason et essaie d'évaluer en discernant dans un premier temps mais ensuite - et surtout- en laissant aller sa sensibilité.
 

  Un grand vin c'est d'abord un frisson, ténu, virile, fort, affectif, spontané ou naturel; mais avant tout un frisson.
 


Amicalement,


 


Patrick