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Gros article sur le journal Sud Ouest avec ce titre : du vin de garage au microscope, qui concernait les 2 certifications traçabilité, qualité et
meilleur bilan environnemental du négoce, des vinifications et des propriétés viticoles.
Beaucoup de réactions, de commentaires… Ici quasiment tout le monde lit le journal Sud Ouest.
Et un autre article sur Agri.fr à propos des Primeurs et du Cercle Rive Droite.
Dégustation à l’UGC des 2009
J’ai bien entendu certains préférer l’homogénéité des 2005 , certains préférer l’équilibre des 2005 , mais
personne ne m’a dit le prix des 2005
D’autres encore m’ont parlé de vins un peu issu de raisins blette, j’ai pas dit brett ! Trop mûr ?
Trop extrait ? C’est étonnant mais personne ne m’a parlé de vins trop fluides ni végétaux ?
Denis Dubourdieu, lui, m’a parlé de goût, simplement de goût et là peut-être, sans aucun doute y-a-t-il encore du travail à faire pour tous grâce à l’influence de la bio, voire de la Bourgogne (quand elle fait bon).
En tout cas, moi – je sais, je ne parle que de moi… mais c’est mon blog – j’ai aimé cette dégustation des 2009 de
l’UGC.
Avec les grandes marques qui réalisent des produits très bons cette année, c’est normal, je pense à Troplong Mondot, Pape Clément, Domaine de Chevalier, Lascombes, Carbonnieux, Carmes Haut Brion, Malartic Lagravière (du goût, justement), Olivier (enfin), Smith Haut Lafite, Beauséjour Bécot, Canon (je l’ai dit à John), Dassault, Clos Fourtet, La Couspaude (un must), La Dominique (bien sûr), La Tour Figeac, Larcis Ducasse (c’est normal), Larmande (le meilleur Larmande réalisé), Vieux Certan, Clinet, Gazin, La Conseillante, Croix du Gay très bon, La Pointe, Petit Village très haut niveau, Fourcas Hosteins (eh oui), La Tour Carnet, Le Tertre, Malescot Saint Exupéry, Marquis de Terme (un coup de cœur !), Rauzan Segla, Gruaud Larose, Lagrange (du fruit justement), Léoville Barton, Léoville Poyferré (très bon), Saint Pierre, Talbot dont j’avais déjà dit que ce serait l’un des vins 2009, Lynch Bages, Pichon Longueville (un de mes vins préférés), Phelan Ségur. Je ne parle que de ceux que j’ai goûté et aimé.
J’ai seulement trouvé 3 ou 4 vins moins bons, c’est très peu, sans doute étais-je optimiste.
Pour finir les Blancs secs sont bons et en Sauternes Guiraud et Nairac étaient incrachables
En effet, aux USA les prix des Bordeaux sont presque tous moins chers qu’ailleurs dans le monde, et même moins cher que les prix de sortie des propriétés à Bordeaux. Vous en connaissez les raisons multiples que je rappelle ici pour ceux qui ne connaissent pas trop nos métiers :
1/ La crise. Quand on a besoin de sous, on brade ses stocks pour porter de l’argent à la banque, et le voisin fait pareil pour lutter contre cette concurrence sauvage.
2/ Les différences et les yoyos des taux de change. On peut vendre moins cher en dollar et encore gagner de l’argent.
3/ L’arrêt d’un des plus gros importateurs de vin (Diageo) et la liquidation des stocks qui s’ensuit.
4/Les prix élevés sont un peu moins à la mode, la spéculation paye l’adition dans nos métiers, ce n’est pas le contribuable qui est puni mais les concurrents qui connaissent les règles de nos métiers et aussi les spéculateurs qui croient que les arbres montent jusqu’au ciel.
En conclusion, en effet pourquoi ne pas attendre une crise pour acheter ses vins ? Vous n’aurez pas inventé autre chose qu’une manière de faire ses affaires utilisée par ceux qui achètent des entreprises en difficulté et qui en vivent bien.
Concernant votre citation d’Hervé Bizeul : Hervé a en effet écrit cela sur le blog de François Mauss du Grand Jury Européen. Il n’a pas, ni vous d’ailleurs, goûté ce que j’ai goûté. Il aura le temps et vous aussi de vous faire une opinion dans les prochaines semaines, et après les mises en bouteille. Dans le commentaire d’Hervé, je constate que ce qu’il dit correspond à ce que je suis mais c’est souvent à cause d’un grand millésime qu’il y a des « sorties de route ». Dans les millésimes médiocres, il y a rarement des problèmes de fermentation (les grandes marques respectueuses de leurs clients sauront déclasser les mauvais lots), il est peut être vrai aussi que je n’y connais rien. Je vous rappelle seulement que j’achète moi aussi du vin pour le boire, mais surtout pour le vendre (c’est mon métier). Je n’ai pas trop le droit de me tromper, ni de tromper mes clients, sinon mon entreprise fera de mauvaises affaires, ce serait ballot à cause d’un grand millésime, et même plutôt rare.
En tout cas, rien n’empêche nos clients professionnels d’acheter des 2005 moins chers, moi je dois accepter de ne pas gagner d’argent avec mes 2007 en stock, et pourtant ils sont bons, donc le marché a toujours raison et personne ne doit pleurer sur ces réajustements qui sont nécessaires pour rendre tout le monde prudent. Il n’y a pas de certitude dans la fixation d’un prix, le client est roi, même si cela ne se voit pas au premier abord.
2000 bons, 2001 Très bon, quelques 2003 très bons, 2005 très bons et alors pourquoi 2008 et 2009 devraient-ils être moins bons ? « Millésime du siècle » est sans doute prématuré, mais…
Juste pour finir, de manière régulière certains de nos clients professionnels se plaignent des prix des grandes marques trop chers dans les grands millésimes et généralement ce sont ceux qui n’ont pas acheté les 2002, voire ceux qui n’achètent et ne boivent jamais la multitude des vins très peu chers produits à Bordeaux. Cette année, j’aurai (je le souhaite) dans les stocks de mon entreprise plus d’un million de bouteilles vendues par mes clients aux consommateurs entre 5 et 6 euro TTC en France, 15 à 20 dollars aux USA. Ce sont des Bordeaux, Côtes de Bordeaux (Castillon, Blaye, Bourg), sûr qu’ils ne sont pas bling-bling, sûr qu’ils ne sont pas spéculatifs.
J’ai acheté ces merveilles entre 1200 et 1500 euros HT le tonneau de 900 litres.
Si ça ce n’est pas un grand et économe millésime, qu’est qu’il faut ?!