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19 mars 2008 3 19 /03 /mars /2008 11:27

François Mauss a posté ce commentaire hier :

« Restons calme sur les inquiétudes du négoce : à lui de reprendre du poil de la bête dans la négociation des prix avec la propriété car, s'il y a du grain à moudre, c'est probablement un peu plus de leur côté, non ?

Les marges de Bordeaux, comme celle de Champagne (je parle des 200 crus de référence) sont suffisamment grasses pour encaisser une baisse du prix 2007 de deux chiffres, non ? »

 

Mr Mauss n’y connaît rien en marge, ni en économie, s’il  le savait, ça se saurait !

Touche pas à ma marge, Mauss …. sinon ça va barder !

Blague à part, tu sembles ignorer les marges nettes après impôts de la « caste » du négoce bordelais…

Tu serais surpris du peu qui reste, sauf peut-être pour une trentaine d’entreprises (sur 300 ou 400) ! C’est rien de dire que ce secteur est particulièrement fragile (tu n’as qu ‘à demander aux banques). Presque personne à Bordeaux n’aura les moyens d’acheter les 2007 et de n’en vendre que 30 à 50 %  sans avoir reçu l’argent de ses propres clients.

La marge habituelle du négoce bordelais ressort souvent à moins de 2% après impôt, insuffisante pour supporter une catastrophe, un gros impayé ou un portage de stock. Et avec des agios à 5/6 % par an pour les meilleurs clients.

La marge brute habituelle sur 80 à 90 % des ventes se situe à 12 ou 13 %, tu enlèves à ça 7 ou 8 %  de frais de structure, tu vois le gras qui reste.

Quand on ne sait pas, on ne parle pas, sauf pour faire de la provoc, et c’est pas le moment.

Contrairement à ce que tu dis, le pouvoir n’est pas, plus, du côté du négoce, mais bien de la propriété.

Juste pour finir, ce n’est pas parce que je vends quelques crus spéculatifs, sur les 5 ou 10 % de mon allocation au prix du marché, que le reste n’a pas été fourni au prix de sortie + petite marge aux clients qui ont la fidélité d’avoir acheté les 2002, 2004 voire même 2006 !

 

Le 25, le tribunal administratif tiendra une audience sur le fond de l’affaire du dernier classement de Saint Emilion contesté par quelques déclassés.

Vous savez que bien qu’étant souvent du côté du râleur, de la veuve et de l’opprimé, je suis aussi paradoxalement très légaliste (voir la thèse de Pierre Marie Chauvin)

Moi qui ai vu Valandraud recalé, je n’ai rien eu à redire sur le fait de n’avoir pas pu faire classer mon cru, car je pense que cette demande de  classement refusée cette fois, pourra, si je représente Valandraud, m’être accordé la prochaine fois, et je trouve donc idiot de contester ce qui nous a fait ou nous fera classer.

Cela me fait penser à ces gens mariés qui, une fois  l’envie prise de divorcer, ne font que dire du mal de la personne aimée (ce qui est d’une certaine manière se tirer une balle dans le pied).

Aujourd’hui l’UGC reçoit à Bordeaux tous les négociants et courtiers bordelais pour faire goûter les 2007 avant le grand festival début avril. J’y serai pour représenter ma boîte de négoce et également pour représenter Château La Dominique.

 

 

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Published by Jean Luc Thunevin - dans Divers
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commentaires

mauss 19/03/2008 18:12

Tonnerre de brest : mon français est-il si mauvais ?

Ma phrase me semble claire : c'est de la marge de la propriété que je discute, suite à l'étude des prix dont je me suis fais l'écho sur mon blog !
Sapristi : il y a t'il un grammairien dans la salle ?