Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Jean Luc Thunevin

  • : Jean-Luc Thunevin
  • : Bienvenue sur le Blog de Jean-Luc Thunevin, propriétaire de Château Valandraud.
  • Contact

  • Blog de Jean Luc Thunevin

Recherche

Articles Récents

18 janvier 2006 3 18 /01 /janvier /2006 10:59

A l’heure de demander un gros crédit-bail pour l’ambitieux chai de Maury, force est de constater qu’il vaut mieux être riche et bien portant  que pauvre et malade.

Tout d’abord, notre banquier de Maury est le Crédit Agricole, à Saint Emilion je travaille avec le Crédit Lyonnais. Un crédit bail, ça signifie que c’est le banquier qui est propriétaire du bien et qui vous loue le chai en location-vente.

1ère question : pourrez vous rembourser les énormes loyers et pendant 15 ans ?

2ème question : vos bilans actuels sont mauvais, cela fait 4 ans que vous avez démarré et vous ne gagnez toujours pas d’argent

3ème question : pourquoi un chai si ambitieux alors que vous y arrivez sans ça ?

4ème question : votre prévisionnel est-il fiable ?

 

 

Je repense à ce qu’a écrit Bertrand Le Guern le 7/11/2005 à notre propos : ses voisins admirent, avouent ne pas pouvoir suivre… et se demandent s’il pourra tenir longtemps comme ça sans augmenter drastiquement ses tarifs.

 

 

Cela appelle une explication, pourquoi moi, « icône des vins de garage chers », ai-je voulu être si près des coûts de revient dans le Roussillon ? Et bien, en fait, il y  a plusieurs raisons que voilà dans l’ordre ou le désordre :

1/ la plupart des « étrangers » qui font du vin dans le sud pensent pouvoir appliquer quelques règles venues d’ailleurs, ont souvent faux.

2/ la multiplicité des marques nouvellement créées indispose beaucoup d’amateurs. Le prix doit être une adéquation entre  l’offre et la demande.

3/ Notre projet est un projet à long terme,pas possible de se la jouer comme Attila. Bien au contraire, nos coûts aujourd’hui un peu élevés sont en partie dus à une remise en état du vignoble avec la nécessité en plus de nous mettre à planter ces syrah réglementaires pour avoir droit à l’AOC Roussillon (sur ce sujet, je pourrai écrire au moins 3 pages !)

4/ Dès que tout sera en ordre, nos coûts baisseront et donc notre marge permettra de financer ce chai pharaonique pour le Roussillon et pourtant lilliputien pour nos voisins catalans du Priorat.

Il y a aussi  l’arrivée imminente de notre cuvée haut de gamme, hélas produite en petit volume, mais qui évoluera dans la catégorie des Petite Sibérie, Muntada, Erasmus, Ermita… Les marges y sont considérables et c’est d’ailleurs pour ça que tous les viticulteurs  s’y essaient, et c’est aussi d’ailleurs pour ça que très peu réussissent de manière pérenne.

 

 

Pour conclure, en plus de notre crédibilité, de notre passion, la région toute entière se bouge. Rien qu’à Maury, la cave, la mairie, toutes les nouvelles caves particulières, les nouveaux, les anciens… Eh bien, ça ne m’étonnerait que cette dynamique, jointe à l’agro tourisme, ne permette pas de vivre bien de son labeur sans aucun complexe vis à vis des Espagnols et consorts.

Partager cet article

Repost0

commentaires