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21 janvier 2008 1 21 /01 /janvier /2008 15:31

La Revue du Vin de France consacre un très bel article de plusieurs pages à Hervé Bizeul et son Clos des Fées dans le Roussillon. Quand je vous dit que c’est une région pleine des promesses, qu’il s’y passe sans doute la même chose que ce qui est arrivé dans le Priorat espagnol… La reconnaissance de ces vins à l’export en attendant d’ être plébiscités en France ressemble au mouvement initié par rené Barbier avec Clos Mogador. Ici c’est Hervé Bizeul et Gauby, en compagnie de quelques autres, qui sont les locomotives de ce grand vignoble.

La RVF fait un bel  article sur les blogs, certains fait par mes amis ou copains, en attendant que la RVF mette en place le sien comme ceux du Wine Advocate et du Wine Spectator.

Une interview surprenante de Jean Dominique Perrin qui tape à bras raccourcis sur les premiers crus de Bordeaux et surtout Ausone, étonnant de ne pas comprendre à ce point la différence qu’il y a entre la production obligatoirement limitée des moins de 7 ha du Château Ausone qui ne doit pas dépasser les 2000 caisses, et la production artisanalo-industrielle de montres ou de bijoux. La liberté de ton par rapport à la langue de bois officielle c’est bien, mais elle ne doit pas être guidée par de l’amertume, de la jalousie et de la démagogie. Rien qu’ici à Saint Emilion, tous ceux qui tenaient ces discours un peu « décalé » ont aujourd’hui vendu leur propriétés familiales. Penser que l’on peut retrouver des 1ers crus à moins de 100 euros c’est, en tout cas pour moi, peu envisageable, ni souhaitable. Nous autres producteurs avons intérêt à ce que nos productions soient des alternatives crédibles à ces icônes qui n’ont aucun mal à trouver tous les ans les quelques riches passionnés qui, quoi qu’on en dise, ouvrent pas mal de bouteilles et raréfient les vins disponibles sur le marché.

 Chacun ayant ses propres limites pour ce qui est de ses dépenses, mes copains d’enfance boivent de temps en temps des bouteilles à 10 euros, mais plus souvent de l’eau, même s’ils peuvent dépenser leur argent dans un voyage charter au Sénégal, d’autres n’imaginent pas se déplacer autrement qu’en jet privé ou en hélicoptère. Chacun ses valeurs et ses moyens.

 

Poser des questions n’oblige pas à y répondre et en tout cas, j’ai  2 réflexions supplémentaires à faire suite à la lecture de cet article (d’où son intérêt, d’ailleurs).

A Bordeaux, les 1ers crus sont des locomotives, que serait Pomerol sans Pétrus, Margaux sans Château Margaux ?   A Cahors, les cuvées spéciales  me semblent tout aussi utiles à l’ensemble …

En France et à Bordeaux, le millésime 2007 ne sera sans doute pas le millésime du siècle, et alors ? De là à dire que les 1ers crus seront médiocres, c’est penser que tous les responsables sont des imbéciles  incompétents, ce qui n’est pas le cas. Et d’ailleurs, rien que dans mes propriétés, j’ai de très bons lots et j’ai déjà acheté pour mon négoce des Bordeaux dont le niveau qualitatif n’a rien à envier à 2006, et je n’étais pas obligé de les acheter.

 En fait , nous aurons la réponse des médias très rapidement (mars), et peut-être avec un peu d’ironie, devrons nous alors ressortir ces  propos, dignes de Marianne ou de Nossiter, mais surprenants de la part de ce collègue qui aurait pu demander aux critiques qui arpentent le vignoble, comme Jean Marc Quarin, James Lawther ou Michel Bettane, avant de tenir ces propos si péremptoires et d’évidence si peu vérifiés !  

Bordeaux 2007 mérite bien mieux que ces allégations !

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Published by Jean Luc Thunevin - dans Divers
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commentaires

Stéphane VILLETTE 24/01/2008 21:31

Et d'avoir encore plus "d'agressivité commerciale". Voilà, en effet une sage pensée. N'oublions pas ce qui permet de résister dans le temps, présenter toujours les plus beaux produits au meilleur prix. Et je pense que de ce point de vue, vous savez y faire ! Bon j'arrête là, sinon vous allez penser que je vous flatte ! ;o)@micalement.Stéphane.

Jean Luc Thunevin 24/01/2008 15:53

En effet, ce ne sont pas les propos de Mr Alain Domnique Perrin sur le millésime 2007 à Bordeaux qui risquent poser problème, mais l'économie et bien sûr la parité euro/dollar( 1.45745 au 23/01/2008). Que peut-on y faire ? Rien, si ce n'est de trouver des produits à vendre toujours meilleurs et toujours moins chers... Et d'avoir encore plus "d'agressivité commerciale".

C. 23/01/2008 23:03

J ai lu aujourd' hui l interview de Mr Perrin dans la rvf. J avoue avoir été choqué par ses propos et par son attitude envers Bordeaux. "On va s amuser avec les 2007 car ce millésime est franchement mauvais. Les Bordelais peuvent raconter ce qu ils veulent, je les attends". Comment peut on avoir ce genre de jugement alors que ce millésime n est pas encore fini! Mr Perrin ferait il parti de ces gens qui jugent un millésime à l intensité de leur bronzage au mois d'aout??!! Ses propos sont remplis d amertume et de jalousie et n ont pour les connaisseurs aucun fondement et aucune valeur. Ce n'est pas au mois de janvier que l on peut se permettre de juger un millésime de facon si catégorique. L on dit souvent des degustations primeurs de mars avril, qu elles sont trop precoces pour avoir un jugement definitif sur un vin. alors en janvier, je vous laisse imaginer!

Stéphane VILLETTE 22/01/2008 13:52

Bonjour Mr Thunevin, En réalité faire redescendre les cours des grands crus est effectivement illusoire, mais pas si important que cela pour le consommateur. Vous qui êtes négociant, vous devez avoir des chiffres précis du nombre de bouteilles vendues à moins de 8€ et celles à plus de 100€. En tant qu'amateur et consommateur, moi aussi je reverrais de ne boire que des grands crus, cependant cela ne me gène pas du tout de trouver des vins moins connus, mais qui parfois proposent des qualités approchantes de certains vins devenus trop cher. J'y trouve même une certaine satisfaction ! Pour exemple, j'ai eu la chance, en tant qu'amateur, de goûter trois millésimes de Valandraud et je me suis régalé ;o) Cependant, "Présidial" ou "Constance" sont largement suffisant à mon bonheur de consommateur. Comme vous le soulignez si justement, ce n'est qu'une histoire de moyen. Seulement, aujourd'hui mes amis non connaisseurs viennent sur notre forum, essentiellement dans la rubrique "Moins de 8€" et c'est pour moi un signe fort d'un nouveau mode de consommation. Ils sont parfois prêts à mettre 15€ pour une bouteille conseillée, mais il faut vraiment que cela atteigne des sommets qualitatifs. Alors, pour finir je resterais sur une phrase de ma femme (qui est une simple consommatrice) ce WE goûtant un Corton Grand cru 04 de chez Bonneau du Martray : "C'est bon ça, ça vaut 10€ ?" @micalement. Stéphane