Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Jean Luc Thunevin

  • : Jean-Luc Thunevin
  • : Bienvenue sur le Blog de Jean-Luc Thunevin, propriétaire de Château Valandraud.
  • Contact

  • Blog de Jean Luc Thunevin

Recherche

Articles Récents

15 décembre 2005 4 15 /12 /décembre /2005 09:52

J’ai lu « prix indécent » à propos de Valandraud 1997. A l’époque, je l’ai vendu 91.46 euro, les commentaires en tout cas sont parfaits et en effet le « petit manque de maturité » du millésime peut là encore faire penser à un grand rive gauche.

C’est bien de pouvoir dire d’un vin qu’il est trop cher, c’est en partie le métier que je fais et hélas il m’arrive de me tromper. Il n’y a qu’à penser qu’aujourd’hui j’ai un an de vente  d’avance en stock et que certains vins achetés trop chers devront être vendus avec 10, 20, voire 50 % de perte, si je veux argenter rapidement. Le tout est de ne pas trop se tromper, être « compétent » permet d’éviter la faillite, mais pas de faire des erreurs d’appréciation. J’ai en stock des vins délicieux, mais je les ai payé trop chers. Je veux en venir au fait qu’un vin trop cher pour nous marchands, c’est un vin qu’on a du mal à revendre qu’il soit à 2, 10 ou même 100 €.

Pétrus même à des prix très très indécents est rarement trop cher pour moi, je n’arrive pas à en avoir de trop en stock.

Et Pascal Fauvel (Caves Legrand) nous a annoncé la bonne nouvelle : le documentaire auquel il a participé avait été acquis par France 5. Il s’agit  d’un tournage réalisé à Saint Emilion, d’après une idée de Pascal Fauvel,sur le nouveau classement de Saint Emilion et incluant quelques portraits…

Partager cet article

Repost0

commentaires

JérÎme Pérez 24/12/2005 08:33

François  aime tellement à rappeler que le prix est le produit de l'offre et de la demande que j'ai l'impression qu'il a envie de s'en persuader.
Je ne suis qu'en partie d'accord, car effectivement ce n'est pas complètement faux, mais pas complètement vrai non plus. Il faut juste s'interroger sur ce qui fait la demande: dans le monde des vins trop/très chers, il ne faut pas oublier le système mis en place à tous les niveaux, tous les maillons de la chaîne pour faire croire au consomateur qu'il y a de l'art dans le vin, ou encore que le vin peut-être une oeuvre d'art: les grands châteaux aiment à le suggérer et les critiques internationaux entretiennent le doute. Le prix même est devenu argument de vente: il n'y a aucun tabou, ce qui est curieux dans le contexte de la mentalité française qui a un vrai problème avec l'argent (le poids de l'histoire et de notre culture) à donner le chiffre stratosphérique du prix de certaines bouteilles. Il est plus rarement dit que son coût de production n'excède pas 7/8 euros. Il faut d'ailleurs voir avec quel mépris ces gurus traitent ceux qui osent braver les interdits et avec quelle énergie ils s'évertuent à ce que ce beau brasier qui a déjà prix sur le Net n'ait pas plus d'impact qu'un fétu de paille.  A l'affirmation de François Mauss, je rétorque que la plupart des vins chers nés dernièrement (et ils sont nombreux) ont eu un prix exagéré fixé avant d'être mis sur le marché, avant même que la demande ne naisse. J'irai même jusqu'à dire que le prix crée d'une certaine façon l'offre, car tel vin vendu 100 euros va susciter la curiosité d'une poignée de nantis, mais à l'échelle de la planète, cette poignée représente une belle clientèle. C'est effectivement ce regard planétaire, tout entier suspendu à des commentaires dont tout le monde connaît l'auteur qui va entretenir le marché. Les acheteurs ne sont pas forcément des amateurs, heureusement pour eux car si tel était le cas, ils auraient fui depuis longtemps déjà, les croupes médocaine ou les plateaux de la rive droite, je dis heureusement car ils auraient compris qu'ils ont été les pigeons pendant de nombreuses années. Je ne parle pas de la Bourgogne classique des grands Crus quisi elle a fait un bon qualitatif depuis moins d'une décénie, mais qui a pris pour des américains (heureuse comparaison!) la plupart des acheteurs en vendant à des prix indignes des piquettes aigrelettes en arguant qu'il y avait du terroir dans les flacons.
Château Margaux, Cheval Blanc, Petrus et autre Mondotte n'ont aucun intérêt à laisser dire que leur vin ne vaut pas le prix qu'ils en demandent, et sincèrement les revues spécialisées ne feraient pas rêver la grande majorité de leur lectorat en leur parlant en des termes si laudatifs de vins qui pourraient se vendre moins de 15 euros. 

mauss 17/12/2005 12:26

Jean-Luc :

Il faut chaque fois rappeler que les prix sont le résultat du croisement de l'offre et de la demande, avec plus ou moins des viscosités entretenues par des facteurs extérieurs tels la rareté, le prestige du nom, les cotes dans les guides, etc…