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Jean Luc Thunevin

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  • : Bienvenue sur le Blog de Jean-Luc Thunevin, propriétaire de Château Valandraud.
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5 décembre 2005 1 05 /12 /décembre /2005 12:08

Iris, c’est assez paradoxal mais le vin semble être la grande affaire des hommes, et donc pas question d’en faire un chose simple et compréhensible pour les femmes. Pour ce qui est de la gent féminine, justement, c’est un tout autre monde et je crois que les hommes n’ont pas l’outrecuidance de se déclarer compétents en la matière… Le vin leur suffit donc.

 

 

Olivier, je ne connais pas bien le vins cités, mais j’ai quelques pistes pour expliquer vos déceptions :

1/ une des causes responsable d’un vieillissement prématuré, s’agissant d’actes commis sans intention de tromper, bien entendu : le fantasme du soufre.  Je ne mets pas de soufre, c’est meilleur pour mon vin, plus naturel, hélas ça n’a pas que des effets positifs. On a une chance au grattage et une chance au tirage d’avoir des bretts qui sèchent les vins par dégradation des sucres restants et/ou des glycérols. Donc, en plus d’avoir plus ou moins des mauvaises odeurs d’écurie, on a des vins qui prennent une couleur et un goût de vieux, « sec ».

2/ les non-soutirages compris seulement sous l’angle « Ayatollah »

Le pinot en Bourgogne et  les grenaches dans le Sud n’aiment pas trop l’oxygène, mais ailleurs les cabernets ou les merlots ne sont pas trop contre et même si peut être les vins  se fatiguent  et se goûtent moins bien au « mois de mars » grâce à l’oxygène apporté par les barriques et les soutirages, ils sont plus résistants au temps (méthode bordelaise ancienne). En clair, et je suis un rare « moderniste » à penser comme cela : s’il faut protéger à ce point le vin de l’oxygène, dont on a peur de l’effet produit sur notre vin, peut-être vaudrait-il mieux annoncer la couleur. C’est à dire, faire du vin primeur ou au moins mettre un mouchard sur la bouteille pour tracer les conditions de stockage et la température, qui ont bien sûr  de l’influence sur ces relations oxygène – vieillissement du vin. Donc, en tout cas, un peu d’incompétence, un peu d’apprentissage, un peu de ratage… à vouloir trop bien faire, on arrive à des vins qui ne tiennent pas la route, ou moins bien ; Cela dit, je parle, je parle, mais  bien sûr à moi aussi ça m’est arrivé, mais jamais dans des proportions qui appellent un « hors-jeu ».

3/ Les grands vins rouges en Aquitaine sont faits avec des rendements contrôlés par pieds. Certains des vins en question sont produits avec des densités de plantation trop basses ( moins de 3000 pieds/hectare). Pour être cohérente, la production de grands vins devrait dans ce cas être à moins de 15 hl/ha, ce qui est rarement accepté par les propriétaires, tout aussi ambitieux soient-ils.

4/ Les seconds vins ( à part quelques exceptions dont Virginie de Valandraud, qui depuis 1997 n’est pas un 2ème vin mais une sélection de parcelles de grands vins), n’ont pas pour vocation à être bu tard : le fruit avec le boisé apparent est souvent leur meilleur atout. La justification d’un deuxième vin étant, ne l’oublions pas, l’argent : comment rentabiliser au mieux ce qui reste ( le boucher, lui, fait du steak haché)

5/  Pour les liquoreux, je ne suis pas du tout compétent.

6/ Un vin trop boisé peut être une erreur. J’aimerai goûter, car attention aux élevages très long en barriques américaines qui typent fortement les vins .

7/ Bien sûr, des sucres résiduels sur des vins rouges, s’ils sont non fermentissibles, rendent ces vins souvent plus agréables (d’ailleurs aime-t-on vraiment les vins secs ?). Mais, parfois, ces sucres gardés de manière volontaire ou non, se remettent à fermenter avec tout ce que cela implique de défauts perceptibles à la dégustation , plus bien sûr là aussi, brett et cie.

 

 

En conclusion, et pour répondre à Patrick, pour moi pas de vrai problème en ce qui concerne ces vins qui « déçoivent » s’il s’agit d’erreurs, de désir de trop bien faire. Si c’est après tout défendu avec cœur et puis il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. J’aime vraiment l’espèce humaine et je trouve toujours beaucoup d’excuses à ceux qui font. Là où je n’aime pas trop, c’est quand le producteur d’un cru essaye de me prendre pour un con (moi, les journalistes, les clients..). C’est-à-dire celui qui fait un échantillon BON et qui met un vin pas bon à l’arrivée, celui-là est à mon avis, un imbécile. S’il sait comment faire bon, pourquoi se limiter à un échantillon ? Croit-il que la notoriété de Lynch Bages, Haut Marbuzet, Sociando est arrivé comme ça ? Non. Ce sont les clients qui ont le dernier mot. Un vin peut (et doit ?) être polémique, il ne doit pas être fumisterie.

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commentaires

Raph 23/12/2005 19:35

Pour rire un coup, quelques définitions de Marc Escayrol (Mots et Grumots)AIRBUS A 320 : Avion ayant engendré une longue polémique portant sur le pilotage à deux ou à trois, et pour lequel, suite à une beuverie au beaujolais dans un cockpit, la direction a finalement opté pour le pilotage à trois sans vin.ELTSINE : Ancien président de la Russie, dont l’état de santé fut longtemps inquiétant, mais qui va maintenant beaucoup mieux, puisqu’il s'est même remis à boireUSA : Pays où les contrôles d’alcoolémie au volant sont beaucoup plus sévères qu’en France, particulièrement sur la côte est qui est surnommée l'alcootest VITICULTEUR : Producteur de vin dont on peut dire, lorsqu’il trafique celui-ci en y ajoutant des substances chimiques, qu’il utilise des méthodes vignoblesCRACHE-TEST : Dégustation de vin effectuée à des fins de sécuritéPOUILLY FUMÉ : Vin qu’il est recommandé de consommer avec du saumon fuisséSOMMELIER : Profession pleine de débouchés

Patrick Essa 05/12/2005 22:21

POur rendre des sucres non fermentescibles il faut doser haut en SO2 libre. 40 mg /l au bas mot et parfois plus...Ou alors compter sur la structure d'un vin qui s'est arrêté de fermenter de lui même et qui une fois bloqué est "décrété stable". Voir pour cela la logique de Olivier Humbrecht.

Mais ces "querelles de faiseur" n'en sont pas. On produit du vin depuis plusieurs millénaires et les prises de risques /tatonnements n'existent pas vraiment car chaque viticulteur un peu éduqué sait très bien ce qu'il peut faire. Le pb est ensuite de mettre en oeuvre cela. Mais bien souvent on en reste à des recettes avérées ou a une vision cosnensuelle.
Je ne sais pas si le sans soufre est risqué, je crois plutôt que c'est un choix. Il n'y a pas à avoir plus ou moins de respect pour celui qui le fait, car il s'agit d'un principe mis en oeuvre au même titre qu'un choix de collage ou de filtration.

50 hl / ha sur 8.000 pieds chez Sociando c'est donc environ 75 hl/ha dans un cru bourguignon et pour y parvenir il faut 10/12 grappes par pieds... c'est beaucoup et certains cépages ( le pinot en particulier) ne supportent pas cela.

POur revenir au sucre. Je n'aime pas celui-ci dans un vin rouge, cela le rend vulgaire et crémeux et tue sa dimansion racée. Mais le sucre peut aussi être artificielle et se faire "sucreux" par la grâce de merrains trop toastés, de raisins trop mûrs et confits, d'acidité basse enjoleuse,de micro-bullage en cuvaison, de roulage des fûts, de bâtonnage...et j'en passe ! Le vrai tanin fin et souple est celui d'un fruit mûr physiologiquement,né d'une plante maîtrisée aux rafles aoutées, pas celui que l'on a obtenu par des artifices; celui-là est à l'origine des seuls vrais grands vins qui ont compté et compteront...Et il y en a aujourd'hui hélas bien peu, comme dans le passé !

Je vous encourage à déguster l'insupportable Côte Rôtie "Gallet blanc" 2003 de françois Villard - un vigneron pourtant très attachant et doué - pour comprendre ce qu'est une vraie erreur d'interprètation, puis juste derrière à vous plonger dans la mouline du même millésime...Un océan de finesse les sépare.

Jean Luc Thunevin 05/12/2005 16:26

Olivier, pour le point 3, Sociando Mallet fait 50 hl avec combien de pieds à l'hectare ? 3000 pieds ? Non ! Je suppose entre 6000 et 10 000 pieds, donc Sociando produit peu...par pied.
Point 4 : Bel Air Ouÿ fait en effet office de second vin pour Valandraud et Virginie.
En ce qui concerne le point 7 : Je ne sais pas !!

Olivier 05/12/2005 15:46

Bonjour. En ce qui concerne les différents points ci-dessus :

cf 3/On en revient au grand débat : est-ce qu'un grand terroir à raisonnablement besoin d'une limitation de rendement pour s'exprimer ? Sociando reste à des rendements supérieur à 50hl/ha... Pour en revenir au vins du sud-ouest, nombre de producteur, notamment en Madiran (avec le tannat) ne limite plus leur rendement de peur d'obtenir une tannicité ingérable lors des macérations. D'autre part, est-ce que le facteur économique est réellement un frein pour les bergeracois (par exemple) afin de diminuer les rendements ?

cf 4/ Est-ce que Valandraud a un second vin ? Bel-Air Ouy peut-être ?

cf 5/Dans mon commentaire de l'article précédent, j'évoquai la cuvée sève d'automne de Cauhapé en Jurançon, mais cette cuvée est un vin sec. A l'inverse je suis assez fondu des cuvées en liquoreux de M. Ramonteu (à découvrir : la quintessence du petit manseng cuvée "Folie de Janvier" 1999, un monstre !)

cf 7/ Petite question technique : est-ce qu'un sucre résiduel peut-être non fermentescible ? Comment un vinificateur peut-il rendre un fructose et/ou un glucose non fermentescible ? En éliminant 100 % de levure ou bactérie ? Merci de m'éclairer sur ce point.