Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Jean Luc Thunevin

  • : Jean-Luc Thunevin
  • : Bienvenue sur le Blog de Jean-Luc Thunevin, propriétaire de Château Valandraud.
  • Contact

  • Blog de Jean Luc Thunevin

Recherche

Articles Récents

22 novembre 2005 2 22 /11 /novembre /2005 11:00

Emmanuel Nauwelaers a laissé un message avec cette question, que tous les amateurs se posent : Comment se fait-il que les vins restent aussi chers ?

Cela mérite aussi une thèse et vous savez que je ne suis pas très doué : mes diplômes scolaires se résumant au BEPC et à un CAP d’employé de banque, cela ne m’aide pas trop pour la philosophie. Mais, dans ce cas précis, j’ai quand même un peu d’expérience et "pas  trop" la  langue de bois .

Pour commencer, quand on parle de vins trop chers, il faut préciser que les vins chers concernent peu de monde : à Bordeaux, nous parlons de moins de 5 % de la production, et en France, ce doit être pareil, je suppose.

D’abord, nous avons  50 % de vins pas assez chers, le prix payé par la GD, le négoce, les clients (car pour moi tout est lié) est insuffisant pour faire vivre décemment les paysans et insuffisant pour prétendre avoir un produit de qualité, tout au plus de quoi être heureux d’avoir un produit  loyal et marchand , correct.

45% des vins sont vendus à leur prix, et sont des vins superbes dans le contexte international représentant bien ce que le client peut et doit attendre : pureté, fruit, gourmandise, classe, complexité, fraîcheur, etc.. Dans cette catégorie, on trouve pas mal de rosé de Provence, de vins de Loire, d’Alsace, Bordeaux-Côtes, Saint Emilion et tant d’autres. Nos clients trouvent leur compte avec de grands vins classiques « actualisés » style Soutard, Tour Figeac, La Clotte et avec des vins plus modernes : La Couspaude, Chauvin, Grand Pontet, cela rien que pour l’exemple à Saint Emilion. On trouve également des top comme il y en a plein à Bordeaux et moins chers : La Mauriane, Branda, Franc Maillet, Cambon La Pelouse, Fleur Cardinale, La Dauphine, Haut-Carles, etc…

Reste 5 % de vins chers ou trop chers. Mais là, aucune logique dans l’offre et la demande sur des produits à forte identité de marque style 1ers crus, grands champagne, vins cultes français ou étrangers. Ce genre de vins, on n’est pas obligé de les acheter, ni de les boire, et même si ils sont chers, un consommateur moyen peut à l’occasion y accéder par l’intermédiaire de clubs de dégustation ( une bouteille chère, si on la divise par 10 , c’est faisable, non ?)

 

 

 

Après, nous entrons dans les arcanes du commerce .

Le paysan produit plus ou moins cher un vin : en France, produire 75 cl peut aller de 1 à 12 euro.

Les prestations et matières sèches pour mettre en bouteille vont de 0.50 à 1.50 euro par bouteille

Le transport en France va de 0.06 euro à 15 euro par bouteille

La marge du propriétaire peut aller de négatif à 10/ 20/100/300 % ( ?)

La marge du négociant de 8 % à 30 %

La marge du distributeur de  0 à 20 % ou de 30 % à 100 % selon le circuit

La marge lors de ventes aux enchères  de 10 à 20 % ( ?)

 

 

 

Alors, quelle solution nos chers clients préconisent-ils ? Sachant qu’aucune n’est parfaite… Par exemple, la vente directe : le paysan en peut pas vendre au client particulier au même prix qu’à la GD, le caviste ne peut pas vendre au même prix que la GD, tout ça pour un problème de coût, de temps, de quantité, etc..

Les seuls qui offrent  une parfaite satisfaction pécuniaire à leurs clients sont les quelques Bourgogne ou Rhône vendus pas cher aux clients habituels qui sont ensuite heureux de voir la valeur de leur achat multipliée par 2 ou 3, voire plus, lors d’une revente aux enchères ou à un négoce spécialisé.

Mais cela concerne seulement 20 ou 30 marques, c’est peu.

Partager cet article

Repost0

commentaires

Paul 22/03/2006 01:58

Félicitation pour votre blog

Eric Cabrol 22/11/2005 15:56

"Cela mérite aussi une thèse et vous savez que je ne suis pas très doué : mes diplômes scolaires se résumant au BEPC et à un CAP d’employé de banque, cela ne m’aide pas trop pour la philosophie. "

Philosophie ? Il me semble qu'il s'agit pourtant purement et simplement de commerce :-)
Et je ne suis pas d'accord pour dire qu'il n'y a aucune logique dans l'offre et la demande sur les vins "trop chers". Au contraire, ce n'est que ca. Tant que seront suffisamment nombreux les amateurs capables de mettre 100 euros et plus dans Yquem, la Turque, Penfold's Grange, Opus One, ou encore un Eiswein de Kracher, les autres devront se contenter de rever devant certaines devantures de cavistes et autres catalogues de ventes aux enchères ...