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Mercredi 19 octobre 2005

       

Dégustation des 2005 à Valandraud

 

 

 Hier, Jean-Roger Calvet m’a envoyé un résultat d’analyse d’un vin fini sur cépage grenache :

Alcool 16.84  ph 3.33

Ce cépage est à juste titre considéré comme l’un des meilleurs, mais il a une grosse tendance à être haut en degré si ramassé mûr, surtout sur ces terroirs de schistes. Et ce n’est pas pour rien que la spécialité locale, le Maury, pourrait quasiment être fait naturellement sans être muté à l’alcool.

 

 

A propos de vin riche, nous avons bu avec beaucoup de plaisir  hier à la maison Valandraud Blanc 2003, Valandraud  et Mouton Rothschild 1995, ainsi qu’un vin d’Israël apporté par ses propriétaires : Margalit 2003 cuvée Enigma en vin de table. Vin parfait à notre goût, et quand je dis « notre », il s’agit bien sûr de Murielle et moi.

 

 

Ce matin, 5 minutes de philosophie avec un stagiaire. De bon matin, cela peut surprendre ! Il s’interrogeait pour savoir si il devait poursuivre l’exploitation viticole familiale et assumer  l’histoire de sa famille, la présence de son père et  de ses oncles dont certains ont des racines douloureuses ou alors si il devait partir (loin, bien sûr !). Comme si notre liberté se résumait à ces choix simples, qui sont, à peu près dans l’ordre : travailler et gagner de l’argent, réfléchir et en manquer, rester et se plaindre, partir et souffrir…. Ouf ! dommage que je n’ai pas eu un magnéto ! Bon Dieu ! et moi qui croit encore à mon âge que l’on peut tout faire et que de toute façon il y aura toujours ce foutu verre à moitié vide…. ou à moitié plein.

 

par Thunevin publié dans : Divers
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Mardi 18 octobre 2005

Dégustation les lundi et jeudi soirs de tous nos lots en fermentation, les 1ers lots ramassés le 16 septembre sont déjà écoulés, et le reste continue à macérer avec des difficultés pour finir de fermenter totalement les sucres. En effet, nous (Rémi, Jean Philippe, nos stagiaires et moi) n’aimons pas trop les brett, et nous essayons donc d’arriver à fermenter totalement ces sucres. Et au vu de la richesse de nos raisins, c’est pas facile.

Notre appellation permet d’avoir 4g de sucre non fermenté dans nos vins, mais nous voulons moins de 2g et en tout cas essayer de limiter autant que possible les glucoses-fructoses exploitables par ces foutus brett.

Ces dégustations nous permettent de prendre des décisions sur les durées et les températures de macération. Jean Philippe Fort joue là un rôle considérable.

 

 

Sur le front du commerce, la place de Bordeaux s’active et une partie de ce regain d’activité vient des prises de positions à l’aube de la mise en marché du millésime 2005. Vous connaissez tous le système de vente bordelais, dit « de place », qui privilégie le sortant, c’est à dire à priori le négociant fidèle qui achète petits, moyens et grands millésimes. Gestion assez difficile entre rigueur, pragmatisme, court-terme, long-terme, profits financiers et augmentation d’image de marque… Tant et tant de paramètres ! Et tout cela ne concerne que 100 à 200 marques sur 10 000 ?

Du côté des médias, la télé allemande et France 2 ont diffusé leurs reportages respectifs. Outre-Rhin, pas de loi Evin, on montre le vin, les étiquettes et les noms. En France, sur la 2 en tout cas, pas d’étiquette et presque autant de précautions que Canal + pour diffuser ses « émissions pour adultes ».

par Thunevin publié dans : Divers
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Vendredi 14 octobre 2005

Je lis le N° 46 des carnets de dégustation de Jean Marc Quarin, où il est question entre autre des Bordeaux 1983, vingt ans après.

Hé oui , il pose la bonne question, rarement posée : est-ce que ce millésime considéré comme bon à l’époque, en tout cas à Bordeaux qui le préférait au 82, a tenu ses promesses ? Est-ce vrai que le vin de Bordeaux est le seul apte à vieillir en se bonifiant ? Et surtout, quand ce n’est pas bon au départ, este ce que cela s’arrange à l’arrivée ?

Jean Marc Quarin hélas, ne met dans cette catégorie que très peu de vins, avec entre autres d’ailleurs Troplong Mondot (qui soit dit en passant, va nous faire un 2005 d’anthologie).

Ceux qui sont dans  ce cas (d’amélioration), donnent comme explication « nous avons vendangé tard » (tanins mûrs), pour les autres les vins n’ont que la peau sur les os avec des odeurs de vieux (entre autres commentaires : tanicité rigide, vins d’une autre époque, manque de charme, acide, sec, etc…). Ce goût plait encore à certains de nos clients, mais les professionnels savent bien faire la différence entre un vin qui reste vivant en vieillissant  et les très rares (dans les grands millésimes) qui se bonifient. En fait c’est comme tout le reste, très peu d’artistes ont le talent de faire des œuvres d’art et tout leur travail n’est pas du même calibre, si j’ose dire.

Pendant ce temps-là, nous écoulons les premiers lots dans les chais et je continue à penser qu’on est en présence du grand millésime dont j’ai rêvé !

par Thunevin publié dans : C'est dans l'air...
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