Sur le site de Valeurs Actuelles, un article écrit le 22 octobre 2009, par Arnaud Folch est en ligne, son
titre : « Pieds-Noirs, une blessure
française ».
Il y a des blessures qui cicatrisent mal, je revois de temps en temps des pieds-noirs qui ont encore l’accent très
caractéristique de notre Algérie, sans doute des actes de résistance hostiles à la mondialisation… Ce pourrait être un sujet du bac !
Cétait l'anniversaire de Murielle ce dimanche, 2 bouteilles de Pomerol : Latour à Pomerol 2006 dans un style
classique que nous apprécions, c’est un bien bon vin, chargé de bons souvenirs (les caisses de 1967 achetées 3 francs 6 sous à l’Intendant lors de sa création et bues depuis longtemps...), et Bon
Pasteur 2002 toujours aussi bon et paradoxalement un cru peu commenté. Merci Dany et Michel Rolland.
J’ai de temps en temps l’occasion de fréquenter des « nécrovinophiles », mot inventé par moi pour
définir cet amour particulier et bizarre qu’ont certains amateurs pour des vins à l’apogée dépassée et qui, morts depuis quelques temps, n’ont de vivant que le cercueil de la bouteille en
verre, et le bouchon en liège, à bout de souffle, qui n’en peut plus d’attendre sa mise à mort !
Autant je peux comprendre l’intérêt historique, culturel – autant j’ai du mal à croire que l’on puisse avoir du
plaisir à boire ou même à goûter à ces cadavres.
En effet, combien de bouteilles de vin gardées trop longtemps finissent - mal - dans l’évier ? Car même
le vinaigrier n’y trouve pas son compte.
Combien de ces vieux vins gardés dont l’unique intérêt est d’être là pour remplir une « jolie
cave » ou pour frimer ?
Ne sont pas Cheval Blanc 47 ou Mouton 45 qui veut parmi tous les 47 ou 45, et s’il y a des exceptions à tout
règle, j’ai bien peur que ces amateurs de vins trop vieux n’aient oublié que l’exception c’est justement d’être exceptionnel !
Vous me direz, et c’est la seule excuse, tant qu’on a pas goûté, tant qu’on a pas ouvert, on ne sait pas ! Il
y a parfois des miracles : je me rappelle, c’est vrai, cette bouteille de Lescours 1937 bue à plus de 50 ans d’âge, qui était extraordinaire.
Sans doute les liquoreux tiennent-ils mieux la route du temps. Et je ne conteste pas qu’il y ait de grandes
surprises, ce qui m’inquiète, c’est seulement ceux qui n’éprouvent du plaisir qu’à boire ces vins trop vieux et qui, même quand ces derniers sont sérieusement morts, leur trouvent de
l’intérêt. Tous les goûts sont la nature… comme les coups et les douleurs pour les masochistes !
Pour faire simple le vin a une naissance, une apogée et une mort, c’est ainsi et c’est pour ça qu’il nous parle
tant : similitude avec notre vie humaine, sans doute.
J’admets facilement que l’on offre une bouteille de l’année de naissance, bouteille anniversaire, cadeaux pour
signifier que l’on aime cette personne. J’ai moi aussi dans ma cave quelques bouteilles de 1955 pour Murielle, quelques bouteilles de 1951 pour moi et d’autres vieux millésimes que je
préfère d’ailleurs souvent offrir qu’ouvrir. J’ai moi aussi eu des chocs à boire des bouteilles improbables, le seul aspect que je critique, je le répète, c’est ceux qui trouvent toutes les
qualités à ces vins qui sont de toute évidence finis, morts !
Bien entendu, ceux qui font commerce de ces antiquités ne sont pas à blâmer s’ils font bien leur travail. Après
tout, ils ne sont que des commerçants qui répondent à une clientèle en offrant ces vins aux apogées largement dépassées à une clientèle bien présente. Leur rareté et les prix atteints
permettent de bien vivre de ces cadavres.
Il faut de tout pour faire un monde : des maternités et des cimetières.
Je dois avouer que cet article était déjà écrit depuis quelque temps. J’ai évoqué ce sujet avec des amis,
certains proches de cette addiction, mais c’est seulement à la suite de la parution d’un article dans le dernier ou avant dernier numéro de la RVF, consacré à un collectionneur célèbre qui me
cite avec fiel, que j’ai eu envie de poster ce billet sur mon blog aujourd’hui
De retour d'une grosse semaine passée au Japon avec plein de dégustations de Bordeaux primeur 2009,
avec à ma table mes vins plus Château Guiraud !
En tout, plus de 30 vins de Bordeaux étaient présentés avec le concours de Dominique Befve de Château Lascombes.
Près de 1000 personnes en tout, juste grâce à notre plus ancien et fidèle distributeur, et avec eux des dégustations utiles : on pense à vendre ce qui, paradoxalement, n’est pas si courant
lors de nos déplacements dits « de promotion ».
Et des repas... super bon au Silverado dans le quartier de Ginza, niveau 2 étoiles Michelin avec une clientèle
chic, riche et décontractée, avec un fan de de mes vins, plein d’humour et propriétaire de Aux amis 59 à Tokyo avec une vue à couper le souffle. Bien sûr aussi dans le restaurant de notre
distributeur-importateur d’Osaka.
L’intérêt pour les 2009 est évident, même ici au Japon qui en a vu d’autres, des millésimes du
siècle !
Ils sont curieux de l’évolution du marché chinois pour la cause supposée générée sur les prix cette année et
un peu aussi sur le fait qu’ils soient, à leurs yeux, un peu novices dans l’art du vin et la complexité de cette culture que le Japon a fort bien assimilée, « lui ».
Sinon, que de monde, que de monde dans les rues, partout. Que Tokyo est grand et comme ce pays mélange tradition
et modernité avec facilité !
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