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Jeudi 20 avril 2006 4 20 /04 /2006 15:18

La plus importante partie de mon temps est consacrée au négoce de vin. C’est un métier peu connu, pratiqué à Bordeaux avec une grosse partie de l’activité basée sur des vins dits « de place », ceux qui font la réputation de Bordeaux.

Si on ne connaît pas bien ce métier, c’est que la plupart des négociants de Bordeaux sont bien élevés, polis, discrets et que la plupart des règles qui régissent leur métier sont non-écrites et pour tout dire, quasiment incompréhensibles.

 

 

 

1er exemple : vous voulez acheter pour le distribuer, un cru qui a pourtant du mal à se vendre, si vous n’êtes pas dans le profil du vendeur, si vous n’êtes pas copain, niet. Cela m’est arrivé avec  un cru qui, bien que connu surtout pour la liberté de langage de son propriétaire, n’a pas eu l’idée de me téléphoner ou de venir me voir pour m’expliquer pourquoi il ne voulait pas me vendre son vin ( en fait, c’était suite à une émission  de télé). Le fait de ne plus distribuer ce vin ne m’a pas trop handicapé, et si ça se trouve , le futur propriétaire sera heureux de me proposer à nouveau son vin.

 

 

 

2ème exemple, plus douloureux pour mon amour-propre . Un grand propriétaire du Médoc qui était venu me voir accompagné d’un grand courtier pour comprendre la dynamique de la Rive Droite et avec qui je croyais avoir tissé des relations de confiance et amicales, désire cette année (très demandée) changer la distribution de son vin en passant de 120 ( ?) négociants à 60 ! Et je ne l’apprend pas par mon ami, mais parce que je n’ai pas été convié à un repas organisé pour ceux qui auront le plaisir et l’avantage de rester dans la distribution de ce vin.

Je vous explique ça en chiffres : pour le millésime 2004, 720 bouteilles à 6.50 euro de marge brute, il me reste à vendre 162 bouteilles (la demande n’était pas trop forte pour le 2004). Cette année, je vais devoir dire à mes 15 clients acheteurs du 2004 d’aller se faire voir ailleurs, même si ils m’achètent ce vin depuis 1999, date de première relation avec ce château .

Donc, cette année, en plus de passer pour un con auprès de mes clients, je vais devoir aller chercher ce grand vin chez un de mes concurrents pour les clients qui ont acheté chez moi  un 2004 pourtant pas vendu d’avance, la preuve c’est qu’il en reste à Bordeaux au prix de revente conseillé (et ce n’est pas une critique puisque c’est la règle  dans les années peu ou pas spéculatives, y compris pour mon vin)

Et cette année, en plus, je vais perdre 10 000 euros de marge ! Et pourtant, le responsable de tout ça n’a pas daigné ne prévenir, me préparer, m’expliquer en quoi moi et mes clients avaient démérité ! Cela remet le petit négociant à sa place, et me rappelle que je ne suis pas encore un incontournable, moi qui pensait pourtant être un peu utile à une marque à cause de ma « grande gueule ».

Bon, cela pour dire que lorsqu’en tant que négociant, je n’ai pas pu acheter  les vins que m’offrait la propriété, c’était souvent parce que je n’avais pas les moyens financiers ou humains pour les vendre et que ce n’est pas par plaisir qu’un négociant n’achète pas un vin. L’inverse est hélas plus triste pour nous car il s’agit évidemment le plus souvent de marques fortes qui jouent à redistribuer les cartes. Le seul vrai reproche que je pourrai faire, c’est pourquoi ne pas faire ça dans un millésime difficile à vendre ? En 2004, ça aurait été moins sensible !

 

 

 

La bonne nouvelle, c’est que d’autres propriétaires vont pouvoir utiliser mon ressentiment à leur profit, et d’ailleurs ça tombe bien, aujourd’hui l’un de mes grands vins préférés est dans le Médoc ce cru qui m’a si bien reçu dernièrement.

 

 

 

Par Thunevin - Publié dans : Primeur
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Vendredi 21 avril 2006 5 21 /04 /2006 10:35

Tout à l’heure, rendez vous à Fombrauge avec tout ce qui compte à Bordeaux du négoce et du courtage pour l’habituelle présentation des vins de Mr Bernard Magrez.

 Il est l’un des rares qui pense à aussi inviter Murielle, qu’il sait être un rouage important dans mon entreprise, bien sûr dans les vignes, mais également bien utile lors de la dégustation d’agrément chez moi en vue d’achats de vins pour mon négoce.

Tout sera parfaitement organisé, tout le monde sera là pour ce qui est en fait pour nous le coup d’envoi de cette nouvelle campagne primeur 2005.

Je vous en dirai plus après ce rendez-vous.

Après le repas, discussion importante avec l’un des courtiers sollicité  pour la future mise en marché des vins des Vignobles Clément Fayat.

Pas le temps de s’ennuyer !

Par Thunevin - Publié dans : Primeur
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Lundi 24 avril 2006 1 24 /04 /2006 10:15

Voilà, je n’aurai jamais 100 points chez Parker.

Les notes tant attendues sont arrivées à la fin du repas offert par Bernard Magrez au Château Fombrauge à partir de 15 h 30, les USA ayant reçu leur exemplaire du Wine Advocate au courrier.

52 vins notés plus de 95 /100 dont 9 avec un maxi de 100, avec la chance pour mon négoce d’avoir la moitié des 52 parmi mes amis. Mon négoce se trouvera donc conforté cette année, même si je n’ai pas certains 1er GCC du Médoc, ce qui est vraiment dommage pour fidéliser mes clients.

D’ailleurs, durant l’Union des Grands Crus, vous avez pu goûter tous ces vins à Valandraud :

Marojallia 94-97

Gracia 94-96+

Valandraud 93-96

Pape Clément 96-100

Clos de Sarpe 94-96

Le Gay 94-96

Magrez-Fombrauge 94-96

Le Plus de la Fleur de Bouard 94-96

La Fleur de Bouard 90-92

Croix de Labrie 93-95

Cote de Baleau 90-92

La  Couspaude 90-92

La Dominique 89-91

Clos Puy Arnaud 90-92

Franc Maillet Jean Baptiste 87-88

Villhardy  90-93 

La Dauphine 87-88

 Rollan de By 88-90 

 Haut Condissas 89-91+

Rocher Bellevue Figeac 88-90

Angelots de Gracia 91-93

Clos Saint Julien 90-93

Clos Saint Martin 92-94

Lynsolence 92-94

Villa Mongiron 88-89

Compassant 87-88 

 Presidial Thunevin 86-87 

Cour d’Argent 87-89

Clos Chaumont 87-89

Clos Louie 89-91

Clément Pichon 85-86

Fleur Cardinale  91-94

Bellevue de Tayac 88-90

Haut Mazeris 89-91

Haut Carles 88-90

Grandes Murailles 90-93

Grands Chênes 90-92

Quinault l'Enclos 92-95

Senejac 90-92

Tour Seran 89-91

Valandraud kasher 90-93

Etc… (j’ai du en oublier)

Voilà. Je n’aurai jamais 100 points chez Parker. Si je ne l’ai pas eu en cette année bénie des dieux, c’est que je ne sais pas faire ou que Parker juge que mon vin ne le mérite pas, tout simplement.

Par Thunevin - Publié dans : Primeur
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