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Jean Luc Thunevin

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  • : Bienvenue sur le Blog de Jean-Luc Thunevin, propriétaire de Château Valandraud.
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3 novembre 2016 4 03 /11 /novembre /2016 14:55

Les cuvées bordelaises Syrah et Chardonnay, font parler d’elles , notamment sur le site des 5 du vin qui a publié les commentaires de dégustation  de Marie Louise Banyols, que je remercie.

Son article a pourtant généré des commentaires étonnants de « Georgestruc », dont voici un extrait « Mais quel est l’intérêt de procéder à de telles opérations ? Car il y a bien un intérêt sous-jacent. Simple expérience ampélo-oenologique ? Coup de pub ? Pied de nez aux décrets des AOC ?
Mettons-nous à la place d’un acheteur lambda, qui ne connaît pas la signature Bad Boy ; il examine l’étiquette de la bouteille de Syrah : il lit que c’est un négociant qui a mis en bouteille de la syrah ; réaction : encore un vin de négoce qui a été acheté dans la vallée du Rhône hors d’une aire d’AOC pour être commercialisé en vin de France. Avantage ? Intérêt pour l’acheteur de mettre 18 € dans un tel flacon ? Aucun, strictement aucun.

Ceci étant, expérimenter en France la plantation de cépages hors de leur aire « naturelle » de développement optimum est intéressante, mais à condition que cela soit encadré par des paramètres de type expérimental. » (la suite sur le site des 5 du vin)

A mon tour de commenter les commentaires…

Georgestruc, vos questions sur l’intérêt de réaliser ces vins à Bordeaux sont, pour moi, un encouragement à continuer, à persévérer dans ce que je fais depuis  -quand même - maintenant plus de  25  ans et je vais essayer de vous informer puisque c’est de cela dont il s’agit.

La création de Valandraud en 1991 n’allait pas de soi et était en son temps capable de déclencher des commentaires tels que les vôtres aujourd’hui sur ces quelques pieds de Syrah et de Chardonnay. Pourquoi faire ? Y a-t-il un intérêt ? Mais oui, je ne suis pas masochiste, si je fais ce genre de chose c’est que :

1/ ça m’amuse, ça m’occupe et m’empêche de trop réfléchir à la fin inéluctable de notre passage sur terre.

2/ J’aime ces vins réalisés dans leurs terroirs acceptés en France en AOC, mais aussi les Chardonnay de Limoux, ceux de Napa (Helen Turley) et les Syrah australiennes ou californiennes. Alors n’y aurait-il que les étrangers qui auraient le droit d’en faire ?

En plus ces vignes sont créatrices de richesse et de travail dans le vignoble, dans mes magasins ou pour mes collaborateurs qui les vendent dans le monde entier, et bien sûr source de profit pour mon entreprise qui préfère payer des impôts que d’accumuler des pertes. Le succès n’est pas un péché et l’argent non plus. Sans doute que mon côté Catho par ma mère a été contre-balancé par l’influence de mon père Protestant ?

3/ Pour ce qui est de l’expérience, et bien oui, c’est intéressant de goûter ces raisins pour savoir le goût qu’ils ont, décider de la date de vendange et, enfin, être surpris par ce que l’on connaît peu.

4/ Coup de pub ? Au bout de  25  ans, il me semble que je n’ai pas à me plaindre d’être toujours un bon client pour les médias, mais pas sûr que cela surpasse ce que j’ai fait jusque -là,  non ?

5/ Pied de nez aux AOC ?  non,  pas vraiment. Je suis heureux de la possibilité de faire ce genre d’expérience en Vin de France. Cela me suffit. Je suis un plus critique quant à l’opposition que font ces AOC à l’expérimentation des cépages résistants. Nous prenons du retard par rapport à l’Italie, la Suisse, etc….

6/ Votre questionnement sur l’acheteur lambda qui ne connaît pas Bad Boy me fait tout de suite penser à l’histoire de la chauve-souris de Bigard, et en plus pour une bouteille à 18 euros !

7/ Quant au côté éventuellement intéressant d’expérimenter en étant encadré, ce n’est pas mon objectif. Je n’ai pas envie de convaincre les AOC ou mes collègues, chacun fait ce qu’il veut, certains sont très dévoués aux causes syndicales, à la recherche et je suis bien content pour eux.

8/ Quant au manque de précision concernant le terroir argilo calcaire où sont plantés mes Chardonnay  et mes Syrah car elles aussi sont plantées sur ce genre de terroir, je ne suis pas spécialiste des sols, ni d’ailleurs des porte-greffes ou des clones mais si je vois bien que les terroirs argilo-calcaires ne sont pas les plus adaptés, je ne peux que répondre à ce genre de question par ceci : à Saint Emilion, il existe une carte magnifique des sols réalisée par Cornelis Van Leeuwens pour  le Syndicat des vins, carte que j’ai sous les yeux tous les jours et que, malgré de ce  qu’elle dit de scientifique, quand j’achète une vigne…. je regarde s’il n’y a pas trop d’eau et pour le reste, je fais avec, sachant que chaque terroir va donner un goût différent et que cela me va bien !

 

Merci en tout cas à Georgestruc de convenir que planter des vignes ce n’est pas pour réaliser une fantaisie sans lendemain, ce n’est vraiment impossible quand il s’agit de vigne et de vin. Et il est quand même rare que la malhonnêteté se manifeste en   proposant un vin réalisés 100 % par eux depuis la vigne jusqu’à la commercialisation en passant par la mise en bouteille pour …. faire croire à leurs client qu’ils achètent un vin de négoce ?!

Pour conclure, j’ai fait planter sur sol argilo-calcaire à Saint Emilion, des cépages pas trop utilisés comme le Malbec. J’ai sans doute un mauvais clone qui hélas ne donne que du second vin en assemblage. J’ai également planté du Carmenère, et je suis tellement content et heureux des résultats que l’on a surgreffé une partie en Merlot,  ce qui fait qu’il nous reste juste 20  ares pour réaliser une barrique d’un vin original,  mais jusque là aussi utilisé en assemblage dans notre second vin.

Et j’espère vous faire comprendre que j’ai à ce jour plus de satisfaction avec mes Syarh et Chardonnay, cépages exotiques à bordeaux, qu’avec mes Carmenère  ou malbec, même si pour le Malbec  je pense qu’il s’agit pour moi d’en replanter d’autres, mais avec un bon clone !

 

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Published by Jean Luc Thunevin - dans C'est dans l'air...
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commentaires

Freewind33 03/11/2016 15:51

Finalement c'est un coup de pub pour Georges-truc ... plus sérieusement, cela renvoie à la relation de Jean-Luc Thunevin avec les conventions du secteur du vin. Je viens de voir ce tweet https://twitter.com/T_Verstraete/status/794186999011782656

thunevin jl 03/11/2016 16:02

et oui,et si c'est un travail universitaire qui l'écrit .......