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Jeudi 17 novembre 2005 4 17 /11 /Nov /2005 10:35

J’ai eu le plaisir de goûter à l’aveugle le 14 novembre et le 16 novembre matin à Château Haut Bailly, une série de 35 vins Rive Gauche-Rive Droite, millésime 2002. Ces dégustations à  l’aveugle sont toujours une grande école de modestie.

 Depuis mes premières dégustations avec Jacques Luxey en 1988 à Paris  la méthodologie est à peu près la même et je retrouve le même côté professionnel. C’est toujours aussi angoissant de se trouver devant tant de verres sans savoir, mais dès la première gorgée, le doute s’estompe et sans être devin, on peut être certain que d’un côté il y aura les mauvais (ça c’est facile : vins maigres, des défauts, végétal, pas bon) et de l’autre les très bons, mais là, ça devient un peu plus coton :  celui-ci est moins gras mais comment exprimer, expliquer le manque de « classe », celui-là un peu végétal, mais comment dire, avec quand même un peu plus de classe…. Enfin j’y arrive avec mes goûts très perso. Pour le reste du lot, hélas : vins moyens, mais, en tout cas dans le contexte, sans vice ni vertu. Sans compter mes erreurs d’appréciation, surtout quand je note mal et que je ne reconnais pas mon propre vin !

 

 

Avant de débuter cette dégustation, François Mauss exprimait les réflexions des propriétaires des grands châteaux ( qui n’aiment toujours pas ces dégustations à l’aveugle) et je pensais « rien de nouveau, avec Luxey, c’était pareil » , pensée que j’ai fait partager à Mr Perrin.

Les grandes marques n’ont bien sûr  rien à gagner à arriver dernières, ni même en milieu de tableau, mais comme j’aime à le souligner à chaque fois : 

1/ si ce n’est pas le Grand Jury, ce sont nos clients qui goûtent et jugent nos vins

2/ mais nos clients n’achètent pas leurs vins à l’aveugle

3/ Ferrari gagne les courses, mais il se vend plus de Mercedes ou de Peugeot, donc il faut  bien séparer ces dégustations de la « vraie vie »

4/ Ce n’est bien sûr qu’une dégustation à l’instant T et les classements peuvent parfois évoluer, mais de toute façon c’est quand même pas une raison suffisante pour ne pas se remettre en question.

 

 

Les résultats sont donnés  et commentés après la dégustation, je me suis alors aperçu  que je goûtais presque comme Louis Havaux, que j’avais quelques goûts communs avec Perrin ou Mme Sanders, mais que je devais goûter bien différemment d’un producteur Italien qui aime avec une belle constance ce que je n’aime pas ( les vins secs, végétaux,  de goût ancien..).

 

 

Sinon, à l’aveugle, j’ai bien aimé tous les vins signés Magrez, mais j’ai aussi été surpris par la classe de Haut Condissas et de Reignac , découvert Branas Grand Poujeaux, placé tout en haut de ma liste Ausone et Beau-Séjour Bécot, et également bien noté Pavie Decesse,  La Gomerie, Chevalier, Smith Haut-Lafitte, Malartic Lagravière, La Mondotte et Kirwan.

Il faudra attendre les résultats officiels pour savoir si je suis du même avis que le Grand Jury, ce qui, au fond, n’intéresse que moi, pauvre petit négociant à qui il avait été reproché il y a quelques années d’avoir un avis sur les vins que j’achetais. En effet,  pour nous c’est souvent comme pour le consommateur, paye et tais-toi. La démocratie, c’est bon pour tout le monde, mais difficile à supporter dès que ça empiète sur les privilèges, etc…

Par Thunevin - Publié dans : Dégustation
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Mardi 15 novembre 2005 2 15 /11 /Nov /2005 00:00

Pourquoi a-t-on peur du « loup  garage » ? (tel était le titre d’un article paru il y a déjà quelques années). J’ai eu envie de reparler de « garage » en lisant un article du Point du 3 novembre qui traitait de Google, né il y a 7 ans à peine dans un garage. Google à lui  seul vaut aujourd’hui plus que Ford et General Motors réunis, et bien sûr l’important est de chercher à savoir si il fait peur à cause de ses activités sur le « tout savoir » ou sur sa puissance financière. L’air de rien, c’est la même question que l’on peut se poser sur les vins de garage : est-ce leur méthodologie ou leur nouvelle puissance financière qui dérange ? Cela pourrait être un thème de recherche pour un étudiant devant réaliser une thèse originale.

De fait, je devrais employer l’imparfait, car, à mon avis, depuis 2001 l’effet « vins de garage » à Bordeaux en tout cas, ne fait plus peur ni même recette, si je puis dire et je vais expliquer ce qui justifie mes propos. Pour faire simple, les vins de garage ont bouleversé le système, ébranlé les certitudes et après des attaques en règle par les tenants des vins dit classiques, tout à changé dès que ces propriétaires ont plus ou moins utilisé les méthodes « garagistes ». Partant de là, rajeunissement du style classique entraînant l’élimination d’une partie  des atouts spécifiques « garage » (fruit, netteté, richesse, maturité) et en conséquence  élagage sérieux du petit monde garagiste, perte d’intérêt médiatique et surtout économique , ce qui est depuis 1855, il ne faut pas l’oublier, le seul critère compris à Bordeaux.

Mais ce qui est vrai aujourd’hui à Bordeaux n’empêche pas ce mouvement d’aller prospérer dans d’autres régions viticoles françaises, surtout Languedoc et Roussillon, et des pays comme l’Espagne, l’Australie, les USA, l’Argentine, le Chili, etc…

Malheureusement pour mon ego, les Bordeaux dits classiques auront du mal à reconnaître que les attaques des « vins de garage » les ont préparés à cette compétition  mondiale, et en tout cas moi, je suis sur que les grandes marques bordelaises sont aujourd’hui armées pour rester encore quelques temps des leaders stylistiques et économiques, et ce ne sera pas le moindre des paradoxes de cette petite fable.

Par Thunevin - Publié dans : Vins de garage
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Lundi 14 novembre 2005 1 14 /11 /Nov /2005 00:00

Dans le supplément de La Tribune du 10 novembre dernier, une très belle promo un brin provoc (mais j’aime ça !) pour le Présidial 2004, avec comme titre « le chic pas (trop) cher », ça me rappelle la devise de Michel Puzio ( de Croix de Labrie), que je dois bien avouer ne pas  totalement comprendre : « le chic, le chèque, le choc ».

Dans ce supplément, d’ailleurs, pas mal de mes copains ou amis sont distingués, avec parmi d’autres Jean Guyon et surtout Stéphane Droulers pour son rôle à Haut-Carles. Tout le monde sait que cette propriété et en général l’appellation est l’un des derniers lieux où trouver de véritables pépites vinicoles et j’ai à cœur de les promouvoir.

Lecture toujours, Alain Vauthier m’a passé Marianne où j’ai lu avec effroi un article de mon  « ami » Périco Legasse, au titre évidemment fort « la guerre des vins ». C’est dommage, comme toujours, une partie du texte pose de bonnes questions, mais le style du reste est aigri. On y trouve entre autres de superbes photos de vins étrangers avec des commentaires qui sont presque tous assassins. C’est sûr, certains préfèrent voir la bouteille à moitié vide qu’à moitié pleine, mais enfin comment faire croire que le talent n’existe que dans la vieille Europe ? (le talent, ici, consiste à transcender le terroir, etc..)

Pour ma part, le 11 à midi, nous avons bu avec mes beaux-parents (qui ont plus de 70 ans) un vin argentin « Estampa » 2002, style blend à base de Malbec, mais pas seulement. Eh bien, c’était bon, même pour mon beau-père qui se met à aimer de plus en plus les vins dits modernes, et c’est pas compliqué, ses vins préférés (hormis les nôtres – c’est tout de même le père de Murielle !), c’est plutôt le genre Pingus…

Par Thunevin - Publié dans : C'est dans l'air...
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